Centrale photovoltaïque : Les propriétaires terriens s’estiment « spoliés »
Article mis en ligne le 22 janvier 2010
dernière modification le 4 octobre 2014

par Webmestre
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par Lotfi Hammoumraoui

En 2011, une ferme solaire de 16 hectares verra le jour à Triel-sur-Seine. Les propriétaires terriens de la plaine de Triel sur laquelle la surface sera construite ont fait entendre leur mécontentement lors d’une réunion publique présentant le projet, jeudi 10 novembre dernier.

Autonomie énergétique

Que peut-on faire pousser sur les terrains de la plaine de Triel situés en sortie de ville ? Rien. Que peut-on y construire ? Rien. Ni l’un ni l’autre à cause de la pollution des sous-sols renfermant gaz et métaux lourds. Du coup, la communauté d’agglomération des Deux Rives de la Seine (CA2RS), sous l’égide de Pierre Cardo son président, a trouvé la parade : y implanter une ferme solaire.

A terme, la communauté d’agglomération pourrait être autonome en énergie électriqueUne ferme solaire c’est une centrale électrique photovoltaïque.

Sur une surface de 16 hectares, 18.000 panneaux photovoltaïques vont être implantés pour produire 4500 Mégawatt/heure. Pour se faire une idée plus précise, cela correspond à la consommation de 2300 foyers triellois.

Le but est triple selon Pierre Cardo : « D’abord faire quelque chose de ces terrains, régler le problème des occupations illégales et parvenir à une autonomie énergétique ». Autonomie énergétique de l’agglomération qui sera, sans doute, une réalité lors de l’expansion du projet à une surface de 55 hectares si les résultats de cette première tranche s’annoncent positifs.

« De la spoliation »

Un projet écologique qui ne plaît pourtant pas à tout le monde. Les propriétaires terriens de la plaine de Triel sont mécontents à cause du prix d’achat de leurs terres : « Il y a quelques années quand ils ont installé la station de traitement des eaux, le SIAAP, la ville de Paris a acheté les terrains - à deux cents mètres du projet de la ferme solaire - à 15 euros le mètre carré. Aujourd’hui, même si le terrain n’est pas le même à cause du sous-sol, on nous le propose à O,5 centimes d’euros ! J’appelle ça de la spoliation et nous sommes nombreux à le penser. » nous explique Gérard Lahaye.

La DUP permet à Pierre Cardo (à gauche) et Joël Mancel de continuer l’aménagement de la plaine de TrielGérard Lahaye, comme d’autres, présent jeudi 10 novembre à l’espace Senet de Triel-sur-Seine pour la présentation du projet, est membre de l’association des propriétaires des terrains de la plaine. Il refusera de céder son terrain de 300M2 à ce prix : « Or de question de vendre à ce prix là. Je ne me laisserai pas faire. »

Pourtant il n’aura pas le choix de faire autrement. La ville de Triel s’apprête à faire une demande de Déclaration d’utilité publique (DUP).

Joël Mancel, le maire de la ville explique la démarche : « La DUP est une obligation de vendre et de vendre au prix de référence soit 0,5 centimes d’euros le mètre carré. J’ai entendu « spoliation » et « provocation », ce sont des termes un peu forts néanmoins aujourd’hui s’il n’y avait pas la DUP le projet ne se ferait pas. Ce serait dommage car c’est une opportunité pour notre ville ».

La première réalisation de cette ferme solaire portant sur 16 hectares devrait voir le jour en 2011 pour un coût global estimé à 17 millions d’euros.


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Pour produire une couche de 18 centimètres de terre arable, la nature a besoin de 1400 à 7000 ans, à raison de 0,5 à 2 centimètres par siècle.