Le Grand Prix de la discorde

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Article mis en ligne le 24 mai 2009
dernière modification le 21 mai 2009
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Le Grand Prix de France a disparu du calendrier du championnat de Formule 1 en 2008, le circuit de Magny-Cours étant jugé obsolète.

Il faut donc trouver un nouveau site. Le monde de la Formule 1 espère voir renaître un Grand Prix aux portes de Paris d’ici 2011.

Parmi les projets encore en lice, celui de Flins-Les Mureaux dans les Yvelines semble tenir la corde. Mais il se heurte aux défenseurs de l’environnement.

Sur le papier le projet est ambitieux : un circuit long de 4,5 kilomètres, avec 120 000 places, situé à l’ouest de Paris. 95 hectares entièrement dédiés à la Formule 1. Le tout entièrement financé par le conseil général des Yvelines pour un montant d’environ 120 millions d’euros. Le département n’attend plus que le feu vert du gouvernement pour lancer les travaux.


Les riverains sont totalement opposés au projet.

Reste un problème de taille : de nombreux riverains, élus locaux et écologistes s’opposent au projet depuis le début.

A Juziers, par exemple, le Maire a fait un sondage auprès de ses administrés. Résultat : 93% de la population est opposé au circuit.

Les riverains multiplient donc les manifestations. Samedi 16 mai, ils étaient près de 600 à défiler sous la pluie dans les rues de Versailles.

Parmi eux Denis et Christine. Ils ne trouvent absolument rien à sauver dans ce projet (1’25’’ Yann Gallic)


photo : 16 mai, manifestation à Versailles.. © Yann Gallic

Le projet ne respecterait pas les principes du Grenelle de l’environnement

Nuisances sonores, gaspillage de l’argent public, les opposants ne manquent pas d’arguments. Sans oublier la question écologique. Le futur circuit doit être en effet construit sur des terres initialement réservées à l’agriculture biologique. Juste au dessus d’une vaste nappe phréatique qui alimente plus de 400 000 habitants.

Une hérésie selon Hélène Danel, la porte-parole du collectif « Flins sans circuit F1 ». (3’03’’ Yann Gallic)


Le projet du Conseil général se veut écologique et créateur d’emplois

Pour les écologistes, ce projet est donc incompatible avec le Grenelle de l’environnement.

Faux, répond Jean-François Bel, le vice-président UMP du Conseil général des Yvelines, le circuit ne polluera pas plus que l’usine Renault Flins.

Jean-François Bel (1’54’’ Yann Gallic)


Le grand atout du projet, selon Jean-François Bel, c’est d’aider à la préparation de la voiture de demain, ceci grâce au futur circuit de formule 1.

Jean-François Bel, le vice-président UMP du Conseil général des Yvelines (1’54’’ Yann Gallic)


photo : Le projet Flins-Les Mureaux. © DR

La question du circuit divise le gouvernement

Une étude d’impact sur l’environnement est actuellement en cours. En attendant, cette bataille est devenue une affaire d’Etat. Puisque Jean-Louis Borloo, le ministre de l’Ecologie, a clairement pris position contre le circuit de Flins. Tandis que François Fillon et Bernard Laporte, le secrétaire d’Etat aux sports, soutiennent le projet.


Sarcelles, l’autre projet, compte bien profiter de la polémique née à Flins

Une polémique qui relance du coup un autre projet, celui de Sarcelles dans le Val d’Oise. Les élus espèrent récupérer le Grand Prix de France de Formule 1, grâce à leur projet de développement du territoire basé sur des activités sportives, comme ça a été le cas de Saint Denis avec le stade de France.

Un évènement idéal qui leur permettrait de développer un vaste pôle omnisport près de Roissy. Avec un dôme pour les grandes compétitions, un circuit moto et un laboratoire consacré aux énergies de demain.

Le projet financé par des investisseurs privés, pourrait créer près de 10 000 emplois dans un département qui compte 30% de chômeurs, si l’on en croit François Pupponi, député socialiste du Val d’Oise et maire de Sarcelles (3’11’’ Yann Gallic)


photo : Projet de tribune pour le circuit de Flins-Les Mureaux. © DR

En attendant, le monde de la F1 s’impatiente et craint la disparition pure et simple du Grand Prix de France.

Alain Prost, qui s’est personnellement impliqué dans le projet de Flins, dénonce un blocage politique. Quant à l’ancien pilote, Jacques Laffite, il regrette qu’on tarde à commencer les travaux. Pour lui en France tout est compliqué par la « politique » et la défense de l’environnement.

Jacques Lafitte


Au final, le gouvernement et Nicolas Sarkozy devront trancher. Une réunion interministérielle est d’ailleurs prévue aux alentours du 26 mai pour tenter de mettre fin à la discorde... et sauver le Grand Prix de France.

bandeau : Yann Gallic

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