L’éruption du volcan Eyjafjöll initie une pédagogie de l’après-pétrole.
Utopia - 20 avril 2010
Article mis en ligne le 29 avril 2010
dernière modification le 24 avril 2010

par Fabienne
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Un phénomène naturel aura montré la fragilité de l’organisation mondiale du système économique fondé sur les échanges internationaux.

Cette « crise » éphémère préfigure ce que nous promet la fragilité d’un système d’échanges reposant sur l’exploitation sans limite du pétrole, ressource naturelle pourtant limitée. Elle révèle une nouvelle fois l’aveuglement et le court termisme d’un modèle économique mondialisé dont le seul moteur est le profit immédiat en même temps qu’elle nous donne à réfléchir sur le sens de cette organisation productiviste.

L’éruption du volcan Eyjafjöll initie une pédagogie de l’après-pétrole.

Utopia - 20 avril 2010

Un phénomène naturel aura montré la fragilité de l’organisation mondiale du système économique fondé sur les échanges internationaux.

Cette « crise » éphémère préfigure ce que nous promet la fragilité d’un système d’échanges reposant sur l’exploitation sans limite du pétrole, ressource naturelle pourtant limitée. Elle révèle une nouvelle fois l’aveuglement et le court termisme d’un modèle économique mondialisé dont le seul moteur est le profit immédiat en même temps qu’elle nous donne à réfléchir sur le sens de cette organisation productiviste.

Fabriquer et produire loin au moindre coût, dans un système d’échange fondé sur la délocalisation, n’est possible qu’en sous-évaluant le coût réel et global du transport, et en exploitant le déséquilibre économique et social entre pays producteur et pays consommateur.

Une part importante des échanges internationaux se fait par voie aérienne.

Il s’agit principalement des produits à forte obsolescence : les fruits, les légumes, les fleurs...

Sous l’effet de la suie, les roses et les haricots verts devront patienter au Kenya avant de retrouver nos étals de marchés.

Les conséquences mondiales d’un tel système sont désastreuses !

La délocalisation a totalement déstructuré les économies locales. Au delà de la casse industrielle dont sont victimes les ouvriers des bassins de production, elle est à l’origine de la paupérisation des peuples du sud privés volontairement de leurs moyens de subsistance.

70% des habitants de bidonvilles péri-urbains sont d’anciens paysans qui forment la masse corvéable des nouvelles usines ou champs de production agricoles du monde.

Plus, plus loin, moins cher, plus souvent, plus vite !

Un nuage de suie et ce sont plus de 16.000 vols qui sont annulés et 7 millions de passagers bloqués.

200 millions de dollars de pertes journalières pour les compagnies aériennes, et aussitôt une demande de soutien public autorisée par l’Union européenne ! Face à ce constat, nous ne soutiendrons pas les amoureux des safaris et autres plages exotiques qui auront dû « patienter » quelques jours avant de retrouver le soleil printanier de l’Europe. Un comble pour ces inconditionnels du consommer vite, loin, pas cher !

Cette logique est celle d’un système de croissance économique reposant sur la consommation et l’assouvissement immédiat de « désirs » devenus des « besoins » pour le seul bénéfice immédiat d’une minorité.

Ce volcan islandais pourrait ainsi être un bon augure.

Au delà du signal pédagogique qui préfigure l’ère de l’après pétrole, la pollution induite par ce phénomène naturel sera partiellement atténuée par l’annulation de plus de 16.000 vols. Plusieurs millions de litres de kérosène auront ainsi provisoirement attendu avant de produire les tonnes de CO2 susceptibles d’aggraver encore davantage le dérèglement climatique résultant principalement du caractère productiviste de l’économie mondialisée. Ce nuage, qui ne s’arrête pas aux frontières, pourrait ainsi n’être que la préfiguration d’autres catastrophes moins « naturelles ».

A l’heure du 24e anniversaire de l’explosion de Tchernobyl, nous devons interpeller nos modes de consommation et de production et rappeler l’urgence de la relocalisation.

Une alternative est possible et nécessaire. C’est le sens de l’action que le mouvement Utopia conduit au sein des partis de gauche et des organisations citoyennes pour construire et préparer le nécessaire dépassement du capitalisme.

Source : http://www.mouvementutopia.org/blog/

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Pour produire une couche de 18 centimètres de terre arable, la nature a besoin de 1400 à 7000 ans, à raison de 0,5 à 2 centimètres par siècle.