lettre ouverte des parlementaires nivernais à Mr.Sarkozy et Mr.Fillon sur l’avenir du circuit de Nevers Magny-Cours
Article mis en ligne le 1er juin 2009
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M. Nicolas Sarkozy Président de la République
55, rue du Faubourg Saint Honoré
75008 Paris
Paris, le 26 mai 2009
Monsieur le Président de la République,

Pour la première fois cette année, le Grand Prix de France de Formule 1 ne se déroulera pas
sur le territoire de notre pays, ni sur le circuit de Nevers-Magny-Cours qui l’accueillait depuis
1991.

Dans la période difficile que connait la France et, en particulier sa filière automobile,
c’est une mauvaise nouvelle, le risque parait d’autant plus grand désormais que cette
compétition prestigieuse reste durablement absente de notre sol.
Aussi, nous souhaitons nous adresser solennellement à vous, en tant qu’élus de la Nièvre bien
sûr, mais aussi en qualité de parlementaires, soucieux des intérêts économiques de la Nation.

D’abord parce que les difficultés de création d’un nouveau circuit de F1 en France paraissent
fortement sous-estimées, l’implantation d’une enceinte sportive pour cette discipline n’a pas
d’équivalent en Ile-de France. Elle rencontre d’ores et déjà des difficultés multiples et
quasiment insurmontables. Les nuisances considérables pour les populations riveraines dans
des zones urbaines denses, l’impact sur l’environnement (par exemple sur
l’approvisionnement en eau potable), les conséquences sur des réseaux de transports déjà
saturés sont autant d’obstacles.
Plusieurs sites ont d’ores et déjà renoncés après plusieurs années d’études (Versailles, Evry,
Marne-la-Vallée…). Nous observons que plusieurs membres du gouvernement ont à juste titre
émis des réserves sur la faisabilité de projets franciliens, auquel le Conseil régional d’Ile-de-
France lui-même n’a jamais été favorable.
Ensuite parce que l’Etat doit désormais s’interroger sur les choix et le projet qu’il soutient

Un
équipement public de cette dimension ne saurait être réalisé sans une approche nationale. Les
projets évoqués ces jours-ci nous paraissent échapper gravement aux règles élémentaires du
développement durable. D’une part, construire près de Paris un nouvel grand stade de F1
contredit les objectifs proclamés par ailleurs d’aménagement harmonieux et de
développement actif de l’ensemble de nos territoires. Une telle réalisation contribuerait à la
concentration d’activités dans des zones sur-denses, où les réserves foncières sont rares et
précieuses, alors que d’autres territoires sont disponibles et adaptés.

D’autre part, à un moment où la relance de l’activité économique et le bon emploi de l’argent
public doivent aller de pair, engager plusieurs centaines de millions d’euros de crédits à la
charge des contribuables, quels qu’ils soient, serait un non-sens majeur. Se reposer sur des
fonds privés parait pour le moins hasardeux, et très probablement, insuffisant.
Il est clair dans ces conditions que la seule solution réaliste consiste à demander que soient
examinés sérieusement et loyalement les atouts de la solution nivernaise, Magny-Cours 2. Les
griefs formulés par les instances -internationales de la F1 sont de moins en moins valides, et
en particulier : La desserte routière, depuis que l’Etat a décidé de relancer les travaux
d’achèvement de l’autoroute A77 jusqu’à Magny-Cours (plan de relance), et de
L’amélioration des capacités-retenir l’itinéraire dans le cadre du PDMI -d’hébergement,
complétées par de récents projets de résidences hôtelières. L’état de la piste et du stade
automobile, pour lequel le Conseil général de la Nièvre a décidé d’un plan de modernisation,
Magny-Cours 2, avec le soutien de la Région Bourgogne et des autres collectivités locales.
Plus globalement, tout donner à penser que la relance du site nivernais couterait trois à cinq
fois moins cher au contribuable, qu’elle aurait un impact réel de développement, au carrefour
de trois départements et de trois régions.
Notre territoire s’est fortement investi pour la création de ce site et pour le maintien d’un
GPF1 depuis vingt ans. Les retombées industrielles et touristiques sont majeures. La
proximité d’une école d’ingénieurs remarquable, dédiée à l’automobile et aux transports,
l’ISAT de Nevers, permet une synergie incontestable, et des équipes de chercheurs le
démontrent chaque jour. Avec l’effort de tous, et une compréhension claire et partagée des
enjeux nationaux et régionaux, ce défi peut être relevé avec succès. Ce peut être, par ailleurs,
l’occasion de donner à ce site et à ce sport des caractéristiques plus compatibles avec les
exigences écologiques du XXIème siècle. Sachant votre intérêt pour l’avenir de la Formule 1,
et pour sa contribution au rayonnement de la France, nous souhaitons vous rencontrer afin que
soit définie une stratégie nationale efficace, dans laquelle la Nièvre et la Bourgogne sont
disposées à prendre leur part. Là réside la meilleure option si la France veut rapidement
retrouver et aux meilleures conditions de coût, un grand prix de F1.
Dans l’attente de cette rencontre, nous vous prions d’accepter, Monsieur le Président de la
République, l’expression de notre haute considération.
Ma r t i n e C a r r i l l o n C o u v r e u r , Ga ë t a n Go r c e , Ch r i s t i a n P a u l ,
Di d i e r B o u l a u d e t R e n é P i e r r e S i g n é , p a r l eme n t a i r e s d e l a Ni è v r e

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Pour produire une couche de 18 centimètres de terre arable, la nature a besoin de 1400 à 7000 ans, à raison de 0,5 à 2 centimètres par siècle.