Le retrait de Toyota, ou quand la F1 devient gênante
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Article mis en ligne le 5 novembre 2009
dernière modification le 4 octobre 2014

par Webmestre
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AUTOMOBILISME | Les grands constructeurs utilisent la F1 comme une vitrine. Dont ils sortent dès qu’ils ne veulent plus être vus.

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© epa | Toyota. En huit ans de présence en F1, l’écurie japonaise a dû se contenter de 3 pole positions, de 13 podiums et de 87 points marqués au championnat du monde.

MARIO LUINI | 05.11.2009 | 00:02

Et un de plus ! Après Honda et BMW, voilà donc Toyota, troisième grand constructeur mondial à cesser son activité dans la discipline reine avec effet immédiat.

L’événement fait évidemment grand bruit, à la mesure de la médiatisation de la F1. Mais il faut relativiser, car Toyota, ­comme ses deux autres prédécesseurs, ne se retire pas du sport automobile mondial. Ici encore, c’est le programme le plus en vue qui est touché, alors que les autres continuent. Avec un double avantage par les temps qui courent : ils coûtent (un peu) moins cher et on en parle (beaucoup) moins.

Honda continue à équiper la totalité du plateau IndyCar (la F1 américaine) et gagne des courses­ sous le nom Acura ­dans le championnat ALMS (American Le Mans Séries). BMW se bat sur tous les fronts des voitures de tourisme, en Mondial (WTCC) et aux Etats-Unis, sans oublier les trois championnats (Europe, Asie, Amérique) de Formule BMW Jr, véritable pépinière de pilotes en herbe, dont est sorti l’Aiglon Sébastien Buemi, entre autres.

Toyota arrête la F1, mais pas ses autres programmes, dont le GT au Japon et la Nascar aux Etats-Unis. Et dans les coulisses, des rumeurs font état d’un assaut aux 24 Heures du Mans avec une voiture hybride.

Une question d’image

Les grands constructeurs n’ont pas tous la compétition dans leurs gènes et ils n’ont pas tous besoin de la F1. Audi, Chevrolet, Citroën, FIAT, Ford, Nissan, Peugeot, Porsche, Seat et bien d’autres ne sont pas tous les quinze jours au départ des Grand Prix et exercent tout de même leur savoir-faire à très haut niveau.

Ceux qui s’alignent en F1, au-delà du défi technologique, le font souvent pour une question d’image : même s’ils ne gagnent pas ou pas souvent, ils ont le prestige de se battre au sein de cette élite. Alors, évidemment, lorsque les temps se font durs, que les usines tournent au ralenti et qu’il faut « dégraisser » les effectifs, ils se découvrent d’autres priorités.

Une place pour Sauber ?

L’an dernier, sur l’exercice 2008, Toyota, nouveau No 1 mondial de l’automobile, a enregistré une perte de 4,7 milliards de dollars. Une première depuis 1937 et une gigantesque claque pour un groupe considéré comme un modèle. Pour 2009, la perte pourrait s’élever à 8 milliards. Du coup, l’équipe de F1, dans laquelle Toyota injecterait quelque 300 millions par année, est vue d’un autre œil. Surtout qu’en huit ans et 139 GP, son palmarès se limite à 3 pole positions et 13 podiums. Le prix de revient de chacun des 87 points marqués est sans doute le plus cher de l’histoire. Au point que, depuis plusieurs mois déjà, Toyota était ­avec Renault ­en tête de liste des équipes menacées de disparition.

La seule bonne nouvelle, finalement, concerne Peter Sauber : le départ de Toyota libère opportunément une des 13 places du plateau 2010, dont l’équipe de Hinwil, sacrifiée par BMW, va pouvoir profiter pour se relancer. Ouf ! 


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