Roland-Garros à Versailles ?
Article mis en ligne le 18 novembre 2009
dernière modification le 4 octobre 2014

par Webmestre
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La FFT menace de délocaliser le tournoi hors de Paris, dans les Yvelines. Les joueurs sont consultés.

A l’origine, c’était un coup de bluff. Désireuse d’étendre le site de Roland-Garros et d’accélérer le projet menant vers le stade Georges-Hébert, distant de 500 mètres, la Fédération française de tennis (FFT) avait agité, cet été, la menace d’une délocalisation du tournoi. Une façon de faire pression sur les politiques parisiens et de combattre les sceptiques. Aujourd’hui, l’affaire est sérieuse. La FFT est déjà allée au-delà de ce qu’elle imaginait de prime abord. Elle a rencontré une demi-douzaine de collectivités d’Ile-de-France, qui lui avaient manifesté leur intérêt.

La piste qu’elle privilégie aujourd’hui conduit à Versailles. Un « très beau site », selon un acteur du dossier, y a été trouvé. Un rendez-vous est programmé prochainement. « Des possibilités existent mais, pour l’heure, on ne fait qu’écouter des propositions », concède le maire de Versailles, François de Mazières, qui juge tout de même que le tennis « correspond bien » à l’image de sa ville. Les dirigeants de la FFT se sont aussi entretenus sur le dossier avec le président du conseil général des Yvelines, qui a soufflé en parallèle le nom de Flins, qui préfère désormais tourner le dos à un hypothétique Grand Prix de France de F1.

Un document de travail, intitulé Construction d’un nouveau stade sur un site autre que le site originel de Roland-Garros, est remis à ces différentes collectivités, dont Marne-la-Vallée et Sarcelles (Val d’Oise). En 12 pages, ce document prévoit une implantation totale sur 42 hectares (contre 8,5 actuellement à la Porte d’Auteuil), et la construction de deux grands stades de 17.000 places à toit rétractable, ainsi que vingt courts d’entraînement, des boutiques, etc.

Après s’être adressée à des cabinets d’urbanisme et de conseil, la FFT s’apprête désormais à sonder le public de Roland-Garros, en rencontrant des groupes d’habitués. Alors que la consultation des joueurs a déjà commencé. Le tournoi de Bercy sert ainsi de décor à des discussions informelles. La tendance ? « Les joueurs nous disent : “Si on peut trouver des conditions plus confortables ailleurs, pourquoi pas ». Ils ne sont pas bornés", assure Gilbert Ysern, le directeur de Roland-Garros, qui sait que d’autres tournois du Grand Chelem ont déjà déménagé sans heurt, comme l’US Open passé de Forest Hills à Flushing Meadows en 1978.

Un toit pour le Suzanne-Lenglen
Si la Fédération s’active, c’est parce qu’elle s’agace des différents blocages. Elle s’était préparée à la fronde des riverains mais s’étonne aujourd’hui du positionnement de la mairie de Paris, qu’elle assimile à un revirement : « C’est la ville qui nous a suggéré le Stade Hébert et aujourd’hui, le maire nous dit qu’il n’a pas les moyens de continuer à soutenir ce projet », lâche Ysern. Jean Vuillermoz, l’adjoint chargé des sports, réfute : « Je comprends que la FFT fasse monter la pression, mais ce n’est pas un problème politique. Il s’agit juste de se mettre d’accord sur une volonté de négocier. Nous voulons garder Roland-Garros à Paris, mais nous avons des comptes à rendre aux Parisiens et ne sommes pas prêts à tout accepter. »

En toile de fond, la fin de la concession du tournoi en 2015. Alors que la FFT s’acquitte de deux millions d’euros annuels, la mairie aimerait désormais percevoir entre 12 et 15 millions. Soit un chiffre plus en rapport avec les 200 millions de recettes générés par Roland-Garros. « Et les people, on les fera venir en hélicoptère ? » Dans l’entourage de Bertrand Delanoë, on ironise car on ne croit guère à la délocalisation. Davantage à la dernière alternative sur laquelle planche la Fédération. Celle d’un court Suzanne-Lenglen transformé selon les principes architecturaux prévus initialement dans le projet Hébert (un dôme de 37 mètres avec toit rétractable, 14.600 places). Une solution de court terme puisqu’elle reviendrait à supprimer plusieurs courts annexes et donc à chercher des espaces contigus pour maintenir l’activité. Or, le but final reste de grandir. Porte d’Auteuil ou ailleurs.


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Pour produire une couche de 18 centimètres de terre arable, la nature a besoin de 1400 à 7000 ans, à raison de 0,5 à 2 centimètres par siècle.