Pour la Cour des comptes, l’argent consacré par les villes au sport professionnel n’est pas toujours bien utilisé
Article mis en ligne le 11 décembre 2009
dernière modification le 4 octobre 2014

par Webmestre
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LE MONDE
La Cour des comptes épingle Paris ainsi qu’une vingtaine de grandes villes (Marseille, Toulon, Lyon, Nancy, Niort...) pour leur contrôle souvent défaillant des clubs sportifs professionnels qu’elles subventionnent. Un constat qui tombe à l’heure où Bertrand Delanoë envisage de bâtir un nouveau stade de rugby, à Paris, et où douze grandes villes prévoient d’investir pour leurs enceintes sportives dans la perspective de l’Euro 2016.

Dans un rapport, rendu public jeudi 10 décembre, la Cour estime que les maires se préoccupent d’abord du « besoin de financement des sociétés sportives », sans se soucier suffisamment des risques financiers qu’elles courent à soutenir les clubs, ni des retombées en terme économique ou social. Ce rapport cite l’exemple de Paris. La capitale consacrera 9,5 millions d’euros, en 2010, au « sport de haut niveau ». Un « effort élevé », souligne la mairie de Paris, malgré une baisse de 1,4 millions dans le budget qui sera voté lundi 14 décembre.

DÉFICITS CHRONIQUES

Paris fait la part belle au Paris-Saint-Germain : 1, 5 millions d’euros seront versés au club de football en 2010 (un chiffre en baisse sensible par rapport à 2009). La Cour des comptes observe que cette manne a jusqu’ici servi à « atténuer l’ampleur des déficits » chroniques du PSG. Sans que le club assume en contrepartie toutes ses « missions d’intérêt général ».

La juridiction financière s’appuie sur les conclusions d’un précédent rapport de la Chambre régionale des comptes d’Ile-de-France sur les relations de Paris avec les clubs sportifs professionnels, publié en février 2009 pour estimer que le PSG ne contribue que de manière marginale aux financement de missions d’animation en direction des écoles et des centres de loisirs de la Ville. Le club délègue ces missions à une fondation spécifique. Or le budget de cette structure est financé par l’Etat, la Région, le conseil général des Yvelines et seulement à un niveau « résiduel » par une partie de la subvention que le PSG perçoit de la Ville.

Ce constat vaut aussi pour le Stade français. Depuis 2002, Paris verse 823 225 euros à ce club de rugby, membre du Top 14. « La subvention de la Ville contribue de manière significative à l’équilibre financier » de ce club, souligne la Cour. Dans sa réponse au rapport de la Cour publié jeudi, la Ville de Paris fait valoir que cette subvention ne représente qu’à peine plus de 5% du chiffre d’affaires du club. Mais là encore, l’argent n’est pas forcément dépensé comme il se doit. Dans son rapport, la CRC d’Ile-de-France indiquait que le « Stade Français n’a mené aucune action pour les centres municipaux de la ville et les écoles municipales de sports » .
Elle pointait aussi la faible redevance annuelle -32 000 euros- versée par le Stade français à l’association « Paris-Jean Bouin CASG ». Cette association sous-loue le stade Jean-Bouin au club du Stade français au terme d’une convention signée avec la Ville. La Ville de Paris a prévu de résilier cet accord signé avec la société Paris-Jean Bouin dans la perspective de la construction d’un nouveau stade. Convention qui fait par ailleurs l’objet d’un contentieux devant le tribunal administratif et d’une enquête judiciaire.

Béatrice Jérôme

Séguin pour la privatisation des stades
Philippe Séguin, premier président de la Cour des comptes, préconise « la privatisation des stades ». « Cette privatisation, on l’appelle de nos voeux. Il est normal qu’un club soit propriétaire, à terme, de son outil de travail. La propriété par les clubs de leur stade est la conséquence logique des nouvelles orientations qui avaient été définies s’agissant des rapports entre les collectivités et les clubs professionnels », a expliqué M. Séguin.


flèche Sur le web : http://www.lemonde.fr/sport/article...
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Pour produire une couche de 18 centimètres de terre arable, la nature a besoin de 1400 à 7000 ans, à raison de 0,5 à 2 centimètres par siècle.