Manifestation du 13 juin contre le projet de F1 entre Flins/Les Mureaux.
Article mis en ligne le 14 juin 2009
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14 juin 2009
Manifestation du 13 juin contre le projet de F1 entre Flins/Les Mureaux.

Samedi 13 juin 2009, à 10h05, une foule d’environ 400 personnes s’est réunie sur le parking du Centre Commercial des Bougimonts. Ces personnes étaient là, banderoles sous les bras, pour manifester contre le projet de circuit de Formule 1 entre Flins et les Mureaux. Ce projet, qui était porté à bout de bras par l’ancien président du Conseil Général des Yvelines, Pierre Bédier, condamné depuis à être inéligible pendant 6 ans, est considéré comme une « aberration » et comme une solution « indécente » à la crise, qui touche l’industrie automobile, par une grande majorité des élus et des associations de la Vallée de la Seine.

Pourquoi revenir aux Mureaux ?

C’est la deuxième fois que les opposants à ce projet, car il faut bien rappeler ce détail, ce n’est pas encore fait, choisissent la commune des Mureaux pour manifester. Effectivement, le 17 janvier 2009, le Rond-point des Garennes sur la RD-14 aux MUREAUX avait été le point de départ de la première manifestation, qui s’était déroulé entre les deux communes concernées par ce projet de circuit. Ce fut d’ailleurs un grand succès pour les manifestants, qui avait rassemblé plus de 800 personnes. Là, le cortège fut moins important. Pourtant, la motivation était bien là ! A grand renfort de chants parodiques (textes à disposition à la fin de l’article) et de sono, les manifestants, dont un qui imitait de temps en temps le bruit d’une F1, ont su capter l’attention de la population.

De plus, c’est un magnifique symbole, voir une ironie, de faire une manifestation sur l’avenue de l’Europe de la commune des Mureaux ! Cette avenue fut subventionnée par des fonds venants de l’Europe. Le Projet d’Agriculture Biologique, qui devait permettre à la France de rattraper son retard en matière d’agriculture bio et qui pourrait être détruit par ce projet de circuit de F1, est subventionné par l’Europe, également ! Comme quoi !!!

La grande question de la concertation !

Pendant que ce cortège se déplaçait sur l’avenue, certains d’entre eux distribuaient des tracts aux passants afin de leur expliquer certains points sur ce projet. Le but était surtout de faire comprendre aux passants qu’ils n’étaient contre le développement économique ou une relance de l’industrie automobile dans la vallée de la Seine. Au contraire, ils voulaient leurs expliquer que le développement durable de la vallée, avec une vraie relance de la l’industrie automobile avec des emplois pérennes et non avec les emplois « bidons » que ce circuit proposait, peut se faire sans cette « aberration ». C’est à ce moment de la manifestation, que l’attention générale s’est posée sur la question de la concertation. Cette question est revenue souvent sur le parcours, qui emmenait les manifestants du centre commercial des Bougimonts à la Place de la Liberté ou Place de la Mairie. C’est vrai que la concertation fut souvent absente durant la mise en œuvre de ce projet. Aux Mureaux, il y a eu un début de concertation. Il ne faut pas le nier ! Mais, c’était sous le couvert de la Concertation sur la Vallée de l’Automobile. Ce qui n’avait rien à voir avec les problèmes mis en avant ici.

Les problèmes suivants ; le bruit insupportable, pollution atmosphérique accrue, circulation routière 300 jours par an, le non respect de la 2éme nappe phréatique d’eau potable d’Ile de France et du corridor écologique, une construction en zone inondable et une décote immobilière certaine d’au moins 40 à 60% dans un rayon de 4 kms, ne semblent pas avoir été abordés pour les manifestants. A cela, il faut ajouter le fait, que seul le maire des Mureaux est pour dans son conseil. La plupart des élus de sa majorité sont membres de l’opposition au circuit. Il n’y a pas eu de vote sur le sujet à l’heure actuelle au sein de la municipalité !!!

Un autre sujet est aussi revenu à plusieurs reprises dans la conversation, c’est celui des fouilles menées sur le site, alors qu’aucun projet n’est encore choisi !! Bizarre, non ???

La position délicate du gouvernement !

Ce projet entre Flins-Les Mureaux fut, au départ privilégiée par François Fillon, et le secrétaire d’Etat aux Sports Bernard Laporte, qui a depuis déclaré : « « Je soutien le projet d’un Grand Prix de France. A Flins ou ailleurs ! » ». Cette position se heurte à celle de Jean-Louis Borloo, ministre du développement durable et de l’environnement, qui est absolument contre. Le site étant situé sur des captages d’eau alimentant pas loin de 500.000 foyers, il est pour lui « inconcevable » de construire un circuit de F1 là.

Cette localisation le place en « parfaite contradiction » avec l’un des objectifs du Grenelle de l’Environnement, qui prévoit la protection des captages d’eau par l’interdiction locale d’activités polluantes, soulignent les associations écologistes, ainsi que du ministre. Jean-Louis Borloo considère même ce projet comme un problème réglé. Cependant, les opposants restent en alerte. Bien que le principal promoteur du projet ne soit plus dans le circuit et que le gouvernement se tourne vers des solutions autres, le mot d’ordre des manifestants est de maintenir la pression, surtout vis-à-vis du potentiel successeur de Mr Bédier.

Des élus locaux et régionaux !

Parmi les habituelles opposants réunis sous la bannière du Collectif Flins sans F1, qui représente plus de 400 associations, comme Flins sans circuit de F1 (dernièrement créée), AB (Agriculture Biologique), ATTAC 78-Nord, NPA, la section local du PCF, du PS, des VERTS, le POI, Objectif 21, Sauvons les Yvelines, SHN Ile Verte (SHNIV), etc.…(voir la liste des associations et groupes politiques membres sur le site du Collectif), sont apparus des groupes bien plus importants comme la WWF, Greenpeace, Réseau Action Climat France, les Amis de la Terre ou la Fondation de Nicolas Hulot. Ces ONG ont écrits une lettre au président de la République pour lui rappeler ses obligations vis-à-vis d’eux à ce sujet.

De nombreux élus furent présents, également, comme Jean Mallet, le Maire de MEZY SUR SEINE, ou encore Mme Céline Baumel, Conseillère régionale, Maire adjointe des MUREAUX (PS), Mme Patricia Hamard, Maire adjointe Les MUREAUX, et Mr Jean Delarue, Conseiller municipal des MUREAUX (POI). Ou encore des personnalités locales importantes, comme Daniel Vitter, Fabienne Lauret, Michel Mallet ou Héléne Danel.

Mais pour la première fois, Michel Vampouille, vice-président du conseil régional d’Ile de France, a pris la parole devant la Mairie des Mureaux, pour présenter la position officielle de la région sur ce projet. Il a déclaré que la région n’avait pas besoin d’un circuit de Formule 1 pour relancer l’industrie automobile de la Vallée de la Seine. D’ailleurs, la région, en la personne de son président, Jean-Paul Huchon, a déjà annoncé son intention d’aider les constructeurs comme Renault ou PSA à se moderniser, afin de faire des voitures propres. En ce qui concerne le projet d’Agriculture Biologique, il a déclaré que la Région fut « expropriée » des terres qu’elle avait obtenues pour y installer un projet Bio, répondant à ce qui est annoncé dans le Grenelle de l’Environnement. C’est-à-dire que la région Ile de France doit avoir 20% des terres en agricole biologique. C’est pour ces raisons que le Conseil Régional d’Ile de France est contre ce projet.

Contre-rendu intéressant

Jean Mallet, bien avant l’intervention de Mr Vampouille, fit un contre-rendu, à la foule réuni devant la Mairie des Mureaux, d’une réunion, qu’il a eu avec Mr le Maire, François Garay et le conseiller général du canton, Michel Vignier, Il commença ainsi son discours :« Ce matin, nous avions demandé une audience au Maire et au conseiller général du canton. Mais ils sont en province ce matin. Mais nous avons pu les rencontrés dans la semaine. Je vais vous faire un bref contre-rendu. Nous avons eu un entretient. Nous étions 5 ou 6 avec François Garay et Michel Vignier. Ils nous ont parlé assez longuement de la Vallée de l’Automobilité. Alors qu’est-ce que c’est que la Vallée de l’Automobilité ? C’est un réseau de différents modes de transports. C’est le développement d’un véhicule électrique à Flins, avec un territoire expérimental équipé de bornes de rechargement etc…. »

« Et c’est une vaste zone d’éco-industrie diversifiée. Mais pour ça, on n’a vraiment pas besoin d’un circuit de Formule1, conclue t-il une première fois ! »

« Au niveau de l’agriculture, continua t-il, on nous a parlé d’une maison de la Terre sur la Ferme de la Haye, qui serait maintenue, avec un espace de maraichage autour pour bien faire. On se rend compte que finalement que tout cela relève plus de la vitrine que tu travailles de fond ! Une maison de la Terre, qui chasse les agriculteurs, cela ne veut pas dire grand-chose, ironisa t-il ». Quant au circuit lui-même, il y a des études hydrologiques, qui sont en cours, y a des études sur la terre, sur les textures de la terre, sur l’historique de l’utilisation de la terre et qui seront disponible en juillet. En ce qui concerne le bruit, le jour de Grand Prix, il n’y aura pas plus de 65db. Là, je pense qu’on se fout de nous ! »

Toutes les études les plus sérieuses précisent qu’un circuit de Formule 1 émet plus de 130db lors d’un circuit.

Pour terminer, Jean Mallet rappelle le fait que pour être rentable un circuit doit être utilisé entre 200 et 300 jours. Et il soulève, également, le problème de faisabilité des transports, surtout que sur Renault/Flins, il n‘y a plus d’accord pour utiliser le parking, précisa t-il. Jean Mallet a soulevé le problème de l’aérodrome, mais cela est un autre sujet et un autre problème !!!

« Michel Vignier a dit, ajouta Jean Mallet, que le circuit peut être un levier de l’économique, mais ça, encore une fois, c’est le grand axe de défense ». Et lui, le Maire de Mézy sur Seine, il n’y croit pas ! Et il n’est pas le seul dans la vallée à le croire.

« Si le circuit ne se fait pas, dit-il pour terminer son contre-rendu, Michel Vignier a dit que l’argent ira au développement de la vallée ! »

Cette dernière information est intéressante, car le reste des initiatives proposées sont : soit déjà prévus par la région, soit ils font partis du projet initial d’Agriculture Biologique sur le Ferme de La Haye.

D’autres personnes ont pris la parole également comme Héléne Danel, afin de dénoncer ce projet.

Comme à Versailles, les opposants à ce projet de circuit de Formule 1 entre Flins et les Mureaux ont montré qu’ils étaient là et bien là. Maintenant, ils attendent l’élection du nouveau président du conseil général des Yvelines et sa position sur le dossier. Ils ont, certes, déjà rencontré Christine Boutin, la présidente par intérim, pour parler du projet, mais la décision de poursuivre ou non appartient à un autre.

Chant1 :

Chant2 :


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Pour produire une couche de 18 centimètres de terre arable, la nature a besoin de 1400 à 7000 ans, à raison de 0,5 à 2 centimètres par siècle.