Plan de développement 2009-2013 de l’agriculture biologique
Article mis en ligne le 19 juin 2009
dernière modification le 20 juin 2009
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18 juin 2009
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Plan de développement 2009-2013 de l’agriculture biologique
en Ile-de-France : multiplier par trois les surfaces bio

Le constat : une sous représentation de l’agriculture biologique en Ile-de-France (84 agriculteurs
pour 12 millions de consommateurs…) en dépit d’attentes fortes et croissantes des
consommateurs en produits sains, respectueux de l’environnement, et des pouvoirs publics pour
qui l’agriculture biologique est la forme de production la plus respectueuse de la qualité de l’eau et de
la biodiversité.

Jean-Paul Huchon et Michel Vampouille ont donc fait voter hier soir par les élus régionaux
(POUR : tous les groupes, sauf ABS : FN et Centre) un Plan de développement de l’agriculture bio, avec
l’objectif de multiplier par 3 sur 3 ans, et au minimum par 10 pour 2020 les surfaces consacrées
au bio.

La Région souhaite également accélérer la proposition de produits biologiques dans les
cantines de ses 480 lycées publics d’Ile-de-France, sachant qu’aujourd’hui un dispositif-pilote est
en cours dans 25 lycées.
Cibles

Les agriculteurs : favoriser les installations en bio et développer les conversions des agriculteurs

Avant l’installation

  • la formation : dans les lycées agricoles, très peu de cours sont dispensés sur le bio. L’Etat et la
    Région s’engagent donc à augmenter les cours pédagogiques sur ce thème d’ici 2012, dans le public
    comme dans le privé, voire à proposer une formation spécifique, diplômante.
  • l’aide à l’émergence et à la consolidation des projets : La Région va poursuivre son soutien aux
    associations comme le réseau des AMAP, Terres de liens, le GAB qui sensibilisent et apportent une
    expertise aux futurs agriculteurs
  • favoriser l’installation : les agriculteurs biologiques seront prioritaires dès qu’une opportunité
    foncière se présentera, notamment sur les propriétés régionales gérées par l’Agence des
    Espaces Verts.

Cette démarche proactive, accompagnée d’un soutien aux organismes
accompagnant les candidats à l’installation (comme le réseau des AMAP, le GAB, l’ARASEA ou les
Jeunes Agriculteurs par exemple), est indispensable pour que ces projets puissent s’imposer dans le
contexte actuel, plus enclin à l’agrandissement ou à l’installation en conventionnel dans le cadre
familial.

De plus, une majoration de 5 000 euros est proposée aux agriculteurs biologiques (dispositif
régional ATREA, appui à la transmission-reprise des exploitations agricoles)
De plus en plus de communes veulent installer sur leur territoire de l’agriculture Bio, et notamment
des maraîchers, afin de répondre à la demande des habitants de disposer de circuits courts et leur
souhait de préserver les captages d’eau potable. Un inventaire du foncier disponible auprès de
tous les maires d’Ile de France va être réalisé. Pour les communes en territoire périurbain, la Région
les accompagnera de manière prioritaire sur les achats de parcelles, l’aménagement des terres et la
construction du bâti agricole.

La conversion : les agriculteurs installés sont les principaux gestionnaires de l’espace et représentent le plus
gros potentiel de développement de surfaces en agriculture biologique. Ce sont eux qui devront être
convaincus que l’agriculture biologique est une voie d’avenir. Pour cela, le Plan insiste sur l’attractivité des
aides afin d’encourager les agriculteurs à faire ce choix de production plus respectueux de l’environnement et
créateur d’emplois :

  • Les aides aux investissements : PREVAIR, PRIMHEUR pour l’achat de matériels sont bonifiées pour les
    Bios et les plafonds d’aides sont augmentés. Des aides à la diversification, qui peut être une première étape
    vers la conversion totale de l’exploitation, sont également apportées.
  • L’aide au maintien de l’agriculture biologique (aide annuelle à l’hectare d’un montant total de
    700 000 € en 2009) attribuée depuis 2005 aux agriculteurs biologiques va être évaluée en concertation avec
    les agriculteurs afin d’optimiser son renouvellement en 2010.
  • Les conseils technico-économiques financés par la Région aux chambres d’agriculture et l’institut régional
    de l’élevage vont être renforcés pour accompagner les nouveaux agriculteurs en conversion.
    Les filières et marchés

Afin de développer l’approvisionnement régional et limiter à terme les importations de denrées biologiques
pouvant être produites dans notre région, l’accent est mis sur la création de filières régionales valorisant les
cultures présentes ainsi que sur la création de nouveaux produits.
Celles-ci pourront être un moteur pour les conversions en agriculture biologique de producteurs qui trouveront
des débouchés assurés. Ainsi, pour compléter le pain Bio d’Ile de France, qui malgré une consommation en
forte hausse ne permet pas d’écouler toutes les céréales bios produites dans la région,
une galette bio régionale va être proposée aux consommateurs.
Une filière lait va également être organisée pour permettre le développement de l’élevage, trop peu
représenté en Ile-de-France et important dans les systèmes biologiques.
La recherche
L’agrobiologie a été trop longtemps délaissée par les instituts de recherche ce qui a ralenti la capacité
d’innovation de ce mode de production. Pourtant, de nombreux axes sont à explorer pour résoudre les
problèmes techniques, toutes avancées qui profiteront à l’agriculture conventionnelle dans son devoir de
réduction de 50% de l’utilisation de pesticides.

La Région a décidé de prioriser le Bio dans les projets de recherche qu’elle finance dans le cadre des DIM
(Domaines d’Intérêt Majeur). Aussi en 2009, deux doctorats et poste doctorats sur le bio seront fiancés
par la Région.

Ces travaux de recherche viendront s’ajouter aux expérimentations déjà soutenues par la Région pour
répondre aux questions concrètes des agriculteurs.
Ce pôle d’expérimentation, recherche et innovation devrait être renforcé avec la volonté de mettre en place à
court terme une plateforme de recherche et d’échange dédiée à l’agriculture biologique.

Les actions en faveur de l’agriculture biologique présentées dans ce plan ont un coût pour la Région Ile de
France estimé à plus de 3 millions d’euros par, an soit plus de 15 millions d’euros sur la durée du
plan.
Le bio en Ile-de-France :

La consommation de produits issus de l’agriculture biologique en France est en forte croissance puisqu’elle progresse de
10% par an depuis 10 ans contre 3,6% pour le marché alimentaire dans son ensemble.
L’Ile-de-France est par ailleurs
la première région de consommation de produits biologiques.
L’offre de produits biologiques provenant d’Ile-de-France est presque anecdotique puisque notre région, face à ses 12
millions d’habitants et forte de ses 5 000 exploitations agricoles, ne compte que 84 structures certifiées en agriculture
biologique.

Pour ces filières les plus demandées par les consommateurs (maraîchage, arboriculture, élevage), on assiste à une
augmentation de la demande de produits locaux, les acheteurs privilégiant de plus en plus les circuits courts et le lien
avec le producteur comme le montre le développement spectaculaire des AMAP (Association Pour le Maintien d’une
Agriculture Paysanne) qui, créées en 2004, comptent déjà une centaine de groupes en fonctionnement.

Le revers de ce succès est que l’offre régionale est insuffisante et certains groupes sont conduits à s’approvisionner
hors de l’Ile-de-France.
Pourtant, chaque année, plus de 15 maraîchers formés dans la région souhaitent s’installer en
Bio et ne trouvent pas de foncier disponible.
En 2008, aucun agriculteur n’a pu s’installer alors que ce type d’exploitation ne requiert que de petites surfaces
(à partir de 3-4 hectares).
L’Ile-de-France, région de grandes cultures (plus de 80 % de la surface et 460 000 ha en céréales, oléo-protéagineux,
betteraves…), ne compte que 4500 ha en Bio.

Le résultat est que l’Ile-de-France ne compte que 0,8% de sa Surface Agricole Utile (SAU) en Bio quand la France, qui
est pourtant en retard par rapport à ses voisins européens, en compte 2%.
Les freins au développement de l’agriculture biologique
On citera principalement les problèmes liés :

  • à l’accès au foncier, problématique particulièrement aiguë en Ile-de-France, qui touche tous les agriculteurs,
  • au contexte de l’agriculture francilienne : les grandes cultures sont connectées aux marchés mondiaux de grains et
    organisées en filières économiques pour lesquelles la conversion vers l’agriculture biologique ne représente pas
    une priorité. La prise en compte de l’environnement oriente ces producteurs vers l’agriculture raisonnée qui permet de
    maintenir toute la capacité de production.
  • au petit nombre d’agriculteurs Bio et à leur dispersion sur le territoire qui ne facilite ni les projets (filières…), ni les
    économies d’échelles (partage de matériel…) ni leur représentativité au sein des organisations professionnelles (moindre
    poids pour orienter les axes de développement),
  • au coût de la main d’oeuvre,
  • à la très faible part des programmes d’agriculture biologique dans l’enseignement agricole,
  • au sous investissement de la recherche nationale (fondamentale et appliquée) dans le domaine de l’agriculture
    biologique…

Les projections les plus optimistes et volontaristes tablent sur un objectif national de 20% de la SAU en agriculture
biologique d’ici à 2020 (objectif du Grenelle de l’Environnement).
Contact presse : Ghislaine Collinet au 01 53 85 66 66


flèche Sur le web : http://www.idfeco.fr/fichiers/archi...



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avec le squelette ESCAL-V3
Version : 3.87.57
Pour produire une couche de 18 centimètres de terre arable, la nature a besoin de 1400 à 7000 ans, à raison de 0,5 à 2 centimètres par siècle.