Concertation ou Promotion ?
Article mis en ligne le 4 juillet 2009
dernière modification le 3 juillet 2009
logo imprimer

Article sur la réunion du Conseil Général le 26 juin aux Mureaux

Concertation ou promotion ? En tout cas, toujours pas de réponses satisfaisantes à nos questions !

Une semaine après Flins, le Conseil Général des Yvelines a organisé une deuxième réunion dite « de concertation » vendredi soir 26 juin au cinéma Frédéric Dard des Mureaux.

Une très large majorité d’opposants au circuit sur les 250 personnes présentes, ont pu assister à une séance de « promotion » avec ses habituels approximations et contournements des sujets abordés.

Ce Grand Prix de F1 constitue essentiellement une vitrine supposée attirer les PME, et force est de constater que ça n’a pas été un franc succès à Magny-Cours qui a accueilli ce Grand Prix de France pendant plusieurs années…

Le volet emploi dont la présentation repose sur des supputations du Conseil Général, est essentiellement basé sur quelques dizaines d’emplois d’accueil, et près de 2000 missions successives pour la construction sur 18 mois... Autant dire rien que du précaire, du temporaire, sans garantie de qualification ni d’emplois locaux …

Sans parler de l’illusion d’un pôle touristique conséquent en Seine Aval puisqu’il est avéré que les villes de St Germain Versailles et Paris, vantées dans les plaquettes de luxe du Conseil Général, en seraient plus probablement les principales bénéficiaires...
Tout cela est bien loin des 5000 hypothétiques emplois locaux promis !

Le Conseil Général a également abondamment cité les données sur l’emploi de Magny-Cours, ne dissimulant pas sa volonté de « purger » la Nièvre de ses emplois et infrastructures.

Monsieur Bel, troisième vice président du Conseil Général, annonce que le Conseil Général des Yvelines cumule depuis trois ans un bénéfice annuel de 60 millions d’euros liée à la taxe professionnelle issue de l’automobile au lieu de réinjecter cet argent dans la création d’emplois durant ces années…

Rappelons que plus personne ne nie que ce circuit n’a rien à voir avec le maintien ou le développement du site de Renault Flins en perte de vitesse depuis près de 20 ans ...

A la demande pressante de la salle, un autre chiffre a été donné par un administratif du Conseil Général :
3 700 000 euros (!!) ont d’ores et déjà été engagés en études diverses en misant sur l’attribution d’un Grand Prix de France, qui sera décidé par... Mr Ecclestone !! Ce qui n’est pas encore fait !

Le financement du projet actuel et toutes les infrastructures annexes (non développées en cette soirée) seraient entièrement à la charge des contribuables. Le coût total réel de ce circuit n’a pas été révélé par les élus présents du Conseil Général, Monsieur Bel et Monsieur Vignier .

Ce coût apparaît délibérément sous-estimé dans les plaquettes glacées du Conseil Général.
L’exploitant privé qui gérera les infrastructures financées par les contribuables aura quant à lui un circuit clef en main à titre gratuit.

Le Collectif Flins Sans F1 a réaffirmé par la voie d’un de ses portes parole, Jean Mallet, Maire de Mézy-sur-Seine, sa volonté d’avoir un réel plan pour l’emploi dans le Val de Seine et s’insurge contre cet investissement inutile dans un circuit de Formule 1 qui est un « pari sur l’avenir » hasardeux du Conseil Général. Le terme de « pari » a été utilisé plusieurs fois par les représentants du Conseil Général, en parlant du lourd investissement qu’engendre la construction du circuit.

Le reste des impacts environnementaux négatifs liés à ce circuit ont été abordés avec moins de précision qu’à la réunion de Flins sur Seine : bruit, nappe phréatique, zone inondable, pollution accrue, agriculture biologique réduite à portion congrue… Le Collectif Flins sans F1 avait déjà relevé plusieurs incohérences.

Détail technique sur le bruit : l’objectif des merlons en terre cuite « révolutionnaires » (pas de données chiffrées sur l’atténuation) est, semble-t-il, de déposer un brevet !!
Le bruit,dont l’impact sera bien réel, ne se limitera pas au seul créneau temporel d’une course annuelle de F1 mais aussi des compétitions de GT1 et GT2 et DTM... dont la puissance acoustique maximum est équivalente à la F1. Soit des nuisances sonores quasiment tous les Week-End.

Monsieur Bel a aussi affirmé, que les rejets de CO2 seraient moindres, au niveau « national », qu’à Magny-Cours, en misant sur 80% de spectateurs d’un grand prix de F1 venant... en transport en commun !!
Autre incohérence donc : l’évacuation impossible dans un temps raisonnable des 120 000 spectateurs...

Les préoccupations locales, la pollution engendrée par les bouchons routiers et l’aggravation de la circulation, ont été délibérément occultées.

La réunion des Mureaux a été scandaleusement arrêtée à 23h15 sans qu’il n’y ait de réponses à toutes les questions sur l’emploi, les lourds investissements, l’impact réel sur l’environnement.

Comment peut-on croire une telle « communication » quand il est affirmé (sans rire) que l’eau de la nappe phréatique sera « plus propre qu’actuellement » avec un circuit dessus ?

Les habitants des zones fortement urbanisées, les hôpitaux, les écoles et les maisons de retraite situés aux alentours du site du circuit n’apparaissent pas dans les images du projet et semblent être une quantité négligeable face à un Grand Prix de France de Formule1.

A noter : l’absence de greffier et toujours pas de compte rendu public de la réunion de Flins...
La disparité des temps de parole ne traduit aucunement la volonté d’un « débat ».
Une déperdition importante de la quantité d’informations données d’une semaine à l’autre.

Le Collectif Flins sans F1 réaffirme, à Flins/les Mureaux comme à Ecouen/Sarcelles ou dans le Val de Marne, qu’il faut se mobiliser contre un projet obsolète et défendre des solutions d’avenir.

Le Collectif réaffirme que de véritables emplois locaux, nombreux et durables sont possibles, dans des secteurs dont les besoins sont immenses comme la rénovation du bâti ancien, la construction de nouveaux logements à des prix abordables, le développement de transports en commun de qualité et allant vers la gratuité, de voies de circulations douces, la réorientation et la diversification de l’industrie automobile, la mise en valeur conséquente de l’agriculture biologique ... Et qu’il n’y a pas besoin de circuit de F1 pour cela !

Le Collectif Flins sans F1 demande à être reçu prioritairement, par le nouveau Président du Conseil Général des Yvelines dès que possible.




Site réalisé sous SPIP
avec le squelette ESCAL-V3
Version : 3.87.57
Pour produire une couche de 18 centimètres de terre arable, la nature a besoin de 1400 à 7000 ans, à raison de 0,5 à 2 centimètres par siècle.