Lettre d’un membre du Collectif au Maire des Mureaux.
Article mis en ligne le 3 septembre 2009
dernière modification le 4 septembre 2009
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Des habitants des Mureaux écrivent à Mr.Garay...
note des auteurs : "Si vous pensez judicieux de le publier sur le site, cela nous convient, d’autant que nous sommes intervenus dans notre 1ère lettre sous l’étiquette du collectif, même si le collectif n’a pas été évoqué cette fois-ci. Nous sommes toujours inscrits au collectif.
Quoiqu’il en soit, pour le maire, il recevait des membres du collectif."

Monsieur le Maire,

En réponse à notre lettre du 10 juillet 2009, vous nous avez reçus ce jeudi 27 août, ce dont nous vous remercions, pour nous apporter des éclaircissements sur le bien-fondé du projet de construction du circuit F1.

Nous saluons vos travaux faits à ce jour, votre volonté d’aménagements et de développement pour notre ville, et vous rappelons, aussi, que notre débat ne concerne que le circuit.

Votre absence de précisions sur l’état actuel du dossier et sur le devenir du circuit nous donne l’impression que vous n’êtes, vous-même, pas convaincu. En effet, vous citez plusieurs activités possibles pour ce circuit. Aucune ne concernera des véhicules à hydrocarbures. Cela signifie que le circuit servira, en tant que tel, uniquement pour le Grand Prix et le reste du temps, ce seront des vélos, des rollers, des chevaux, des voitures électriques – Renault et Peugeot ont depuis longtemps des circuits pour effectuer leurs essais, heureusement pour eux. Bref, tout sauf des voitures à moteurs à essence. Cela n’est pas crédible. Si le site est retenu pour le Grand Prix, alors commencera le remplissage « à tout prix » du calendrier sur les 360 autres jours de l’année. Et sous les contraintes économiques massives, il nous paraît évident que de multiples « dérogations » seront accordées pour accueillir d’autres activités avec des véhicules à hydrocarbures. Alors commenceront les plaintes, les procès interminables qui se termineront sans suite …
Lorsque l’on vous parle des pertes que font les autres Grand Prix, vous évacuez vers la notoriété que peut donner le circuit à la ville pour attirer de l’activité.
Toutes les régions comme Marne-la-Vallée, Evry et Les Ulis se sont très bien développées sans circuit F1. Autant faire l’économie de 150 M€, estimation basse et approximative, ou les utiliser pour renforcer le tissu économique actuel.

Nous avons eu l’impression que vous ne savez pas comment refuser ce projet et que vous vous acharnez à trouver des raisons justifiant sa viabilité. Cela nous amène à récapituler certains de vos propos et à vous rappeler les préoccupations qui restent les nôtres.
Vous nous avez, en particulier, affirmé :
Qu’un seul élu peut demander qu’un vote soit secret et l’obtenir de fait. Nous espérons qu’au moins un des élus municipaux aura cette initiative pour tout vote ultérieur concernant le circuit.
Que si le site n’est pas retenu pour le Grand Prix, le circuit ne se fera pas. Cela démontre que le projet global de développement est viable sans le circuit.
Que les fouilles archéologiques sont légales si elles sont voulues par le propriétaire qui est le Conseil Général. Pour nous, c’est un moyen de gagner du temps pour activer la mise en chantier. Bien mal accueilli sera l’élu qui s’opposera à l’aménagement du PLU …
Que le cahier des charges est respecté et draconien en matière d’environnement mais il ne nous a pas été possible de l’avoir en mains … Nous ne pensons pas que vos demandes spécifiques du 1er décembre 2008 y sont prises en compte car rédigées après le cahier des charges.
Que l’estimation en matière d’emplois n’est plus que de 800 à 1000. Leur nombre ne cesse de baisser et il n’y a toujours aucune analyse sérieuse établissant cette indication.

Malgré toutes vos argumentations, il n’en reste pas moins vrai qu’une Formule 1 consomme 75 litres/100 km et donc en parfaite contradiction avec la lutte contre le réchauffement climatique pour laquelle est organisé le sommet de Copenhague de décembre, au moment même où le Conseil Général clôturera son étude …
De même, le projet initial d’agriculture biologique de proximité correspond à un vrai besoin moderne pour produire des produits de qualité à des prix compétitifs sans transport polluant.

Nos inquiétudes restent entières car :

Bien que vous nous ayez certifié que la commune ne payerait rien, vous n’avez pas de réponse aux déficits presque assurés d’une part, du Grand Prix lui-même et d’autre part, de l’exploitation du circuit à l’année. Qui les assumera ?
Le Conseil Général a la haute main sur le cahier des charges qu’il devra faire respecter. Il sera donc juge et partie.
Extrait du « Dossier de présentation pour le débat et la concertation » rédigé au 2ème trimestre 2009 : « L’exploitant devra exploiter le circuit […] et autres activités dont l’initiative lui appartiendra, sous réserve de l’accord exprès du Département ».
La concession est acquise pour 10 ans. Que se passera-t-il ensuite ?
Vous ne répondez pas lorsque l’on évoque un référendum. Vous soutenez le projet sans avoir le vote des conseillers municipaux. Seule la concertation a fait l’objet d’un vote, à main levée.

Aussi, n’y a-t-il, pour l’instant, aucune raison d’espérer que notre environnement soit préservé et que la situation économique de la ville soit améliorée par ce projet F1. Nous poursuivons donc notre lutte et nous espérons que les élus municipaux seront, à leur manière, à nos côtés.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Maire, l’expression de notre considération.

Marie-Pierre et Jérôme Fromageot


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