Quand la nappe baisse, le prix de l’eau monte
Article mis en ligne le 21 septembre 2009
dernière modification le 24 septembre 2009
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Le Parisien.

Des villes entières privées d’eau un jour sur deux. Voilà le genre de scénario qui se profile alors que la nappe phréatique de Champigny vient d’atteindre un nouveau seuil critique après un été particulièrement sec. Selon les derniers relevés du Bureau de recherche géologique et minière, le réservoir d’eau souterrain qui alimente 173 communes du département est plus que jamais au bord de la panne sèche.
Avec un niveau de 47,08 m au 31 août, la nappe n’est plus qu’à 55 cm du triste record enregistré en août 1993, soit 46,53 m.

En état de crise renforcée depuis début août

Pire : le catalogue des solutions s’épuise lui aussi peu à peu. Car, depuis début août, l’ensemble de la nappe est classé en état de crise renforcée, le niveau d’alerte le plus élevé sur les quatre seuils établis par la préfecture. « On a déjà atteint le seuil maximum : il n’est donc plus possible de durcir les restrictions en cours », constate Philippe Verjus, spécialiste des ressources en eau à la Direction régionale de l’environnement (Diren).
Seule solution : limiter les prélèvements. Fixé à 163 000 m 3 par jour depuis 1996, ce volume descendra à 140 000 m 3 à partir du 1 e r janvier, soit l’équivalent d’environ 300 000 douches en moins. Pour que cette mesure ne se traduise pas par une baisse forcée de la consommation, les villes qui le peuvent devront s’alimenter dans d’autres réserves d’eau, comme la Seine.

« Les cours d’eau comme la Seine coûtent plus cher à traiter

Une alternative qui ne sera pas sans conséquences pour l’usager. « Les cours d’eau comme la Seine coûtent plus cher à traiter que les nappes phréatiques, ce qui va se traduire par une hausse de nos factures », prévient Agnès Saïzonou, présidente de l’association Aqui’Brie. Une hausse que la Diren évalue en moyenne à 4 centimes par mètre cube, mais qui ne concernera « que » 200 000 Seine-et-Marnais (voir encadré).
La mesure suffira-t-elle à recharger la nappe ? « Elle vise surtout à limiter les dégâts, commente Philippe Verjus. Pour que la nappe se recharge, il faut qu’il pleuve ! » Et si ce n’est pas le cas ? « Alors, il faudra appliquer des mesures plus drastiques, poursuit l’expert. On peut même imaginer devoir couper l’eau un jour sur deux dans certaines communes. Mais ce genre d’initiative n’est pas encore à l’ordre du jour. » Pour l’instant.


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Pour produire une couche de 18 centimètres de terre arable, la nature a besoin de 1400 à 7000 ans, à raison de 0,5 à 2 centimètres par siècle.