Une bonne raison de défendre les nappes phréatiques.
Article mis en ligne le 12 octobre 2009

par Benoit Delmotte
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A compter des vacances de la Toussaint, plus d’eau plate sur les rayonnages de votre Biocoop !

En effet après de longs débats, le réseau Biocoop a décidé, à l’issue de son Assemblée Générale annuelle, de préconiser à l’ensemble des magasins Biocoop de cesser la distribution d’eaux plates en bouteilles. Cette décision a été portée dans le cahier des charges Distribution qui lie le réseau aux magasins Biocoop.
Alors que la France est le premier consommateur par habitant d’eau en bouteilles, Biocoop devient ainsi le premier réseau français de distribution alimentaire à bannir l’eau en bouteille de ses étagères.

Parce que cette eau en bouteille nécessite 300 000 tonnes de plastiques par an (2.7 millions dans le monde) ; parce que produire 1 litre d’eau en bouteille en nécessite 3 à 7 supplémentaires ; parce que les transports qu’elle génère, à l’heure du réchauffement climatique, sont une véritable aberration écologique ; parce que cette eau coûte 100 à 300 fois plus cher que l’eau du robinet, il nous a semblé incohérent de continuer à vendre de l’eau en bouteille.


Mais alors, quelle est la solution la plus écologique ?

Sans conteste, mais sous certaines conditions, c’est bien l’eau du robinet.
Voici 4 arguments, auxquels il faudra bien, ensuite apporter des solutions complémentaires ;

  • 1/ L’eau du robinet est le produit alimentaire le plus surveillé qui soit : Des contrôles sont effectués chaque jour d’un bout à l’autre de la chaîne de distribution, de la station de pompage au sortir du robinet, on teste sa coloration, son odeur, sa limpidité, sa saveur ; on vérifie également sa température, son PH et bien sûr toutes les substances indésirables ou toxiques (nitrates, métaux lourds, pesticides, virus ou micropolluants) qui pourraient nuire à notre santé. Les taux de nitrates autorisés, fixés par la DASS, sont régulièrement revus à la baisse.
  • 2/ C’est une eau disponible et renouvelée en continu : Pas de stockage, pas de pénuries, le réseau livre une eau potable à tout moment. Une eau renouvelée au sein des réseaux puisqu’elle stockée dans les réservoirs seulement quelques heures. Qu’en est-il des bouteilles plastiques ? Ont-elles été stockées à l’abri de la lumière et de la chaleur ? Une fois ouvertes, ont-elle été consommées dans les 48h et rangées au frigo ? Le plastique utilisé (PET) pour fabriquer les bouteilles d’eau s’oxyde à l’air et est particulièrement toxique sous l’effet de la chaleur.
  • 3/ Une eau sans emballage : Pas de conditionnement à fabriquer –moins de plastique produit, c’est moins de pétrole consommé-, pas de transport, pas de déchets à trier, transporter, recycler…
  • 4/ Peu chère : De 100 à 300 fois moins chère que l’eau en bouteilles. Cela dépend du prix de votre facturation et des eaux en bouteilles que vous utilisez.

Et maintenant ? Me direz-vous…

Il est vrai que bien souvent, l’eau du robinet n’est pas d’une qualité si irréprochable : odeur de chlore, mauvais goût, résidus de pesticides, nitrates, etc.

Actions citoyennes…

Il me semble que la première des choses à faire est de se mobiliser en tant que citoyen. C’est ainsi que, au fil des ans, l’association bretonne « Eaux et rivières de Bretagne » a obtenu des améliorations considérables de la qualité de l’eau dans cette région très atteinte par les pollutions agricoles (en particulier les nitrates). Dans ce sens on se rend compte que les eaux gérées par des régies publiques sont bien plus contrôlables que celles gérées par les régies privées (délégation de service public). Je citerai également l’exemple de la ville de Munich qui a pris, dans les années 60, le taureau par les cornes. La potabilité de son eau était devenue très mauvaise et elle aurait dû, comme cela se fait normalement, construire une usine de traitement de l’eau. Elle a fait le choix d’aller au devant des agriculteurs qui exploitent les bassins versants qui alimentent Munich pour son eau en leur proposant des subventions pour cultiver leurs terres selon les principes de l’agriculture biologique et en leur garantissant le rachat de leur production pour fournir les cantines de l’agglomération. Résultat, la ville de Munich distribue une des eaux les plus saines d’Europe, pour un coût bien moindre que la construction de cette usine. Et ses agriculteurs vivent mieux en produisant une alimentation de qualité.
Aujourd’hui, de nombreuses associations se battent pour protéger les zones de captage, voir les sanctuariser.

… et alternatives

Si nous avons tant tardé à arrêter de vendre l’eau en bouteille, c’est que nous avons attendu de pouvoir proposer des solutions alternatives qui vous permettront de compléter la filtration de votre eau de robinet de manière à obtenir une eau de la meilleure qualité possible.
Que vous soyez propriétaire ou locataire, que votre logement soit spacieux ou tout petit, que vous soyez nomade ou sédentaire, que votre budget soit serré ou vous permette quelques largesses nous pouvons désormais vous proposer toute une gamme de solutions alternatives.
Du pichet filtrant à l’osmoseur en passant par le filtre sous ou sur évier, charbons actifs et/ou résines des tas de solutions existent. Nous distribuons également une gourde filtrante qui vous permet de partir au travail sans transporter d’eau puisque vous pourrez la remplir au robinet en arrivant. En vacances, vous pouvez aussi la remplir dans un torrent ou au robinet si vous avez des doutes sur la qualité de l’eau. Nous vous proposons également une solution pour le calcaire et quelques accessoires pour réduire votre consommation d’eau.
Pour tous ceux qui recherchent une eau la plus pure possible il sera possible d’avoir un peu de cohérence : est-il normal de boire de l’eau en bouteille et dans le même temps de faire sa soupe ou cuire ses pâtes avec une eau (du robinet) que l’on juge mauvaise ?

En forme de conclusion :

Bien évidemment, nous espérons que par cette action nous ne vous renvoyons pas faire vos courses en hypermarchés, prenez le temps de la réflexion, plusieurs salariés du magasin sont désormais capables de vous conseiller, voir de vous montrer in situ les diverses installations possibles. Gardez également en tête que porter des packs d’eau (9kgs à bout de bras) ça fait forcément mal au dos. L’arrêt de la vente des bouteilles d’eau de 0,5l à la fin de l’année 2008 avait suscité peu d’échos de votre part, espérons que la fin des bouteilles d’eau plate de 1,5 et 5 litres fera jaser et que des débats auront lieu dans les allées du magasin… Biocoop sert aussi à cela !

A ne pas faire : On ne dépollue pas l’eau en la faisant bouillir. Au contraire les polluants ayant un point d’ébullition beaucoup plus élevé, on augmente leur concentration dans l’eau !
Connaissez vous le mésusage ? Il s’agit d’un concept développé par Paul Ariès. Il préconise de revenir à une Société de l’Usage et il prône la gratuité de l’usage et le renchérissement du mésusage. Exemple de l’eau : il est défini une quantité d’eau nécessaire à tout Etre Humain (consommation alimentaire, hygiène…), celle-ci est gratuite car son usage est fondamental à la survie de chacun. L’eau consommée au-delà sera considérée comme un mésusage : arrosage du jardin, lavage de la voiture, remplissage de la piscine… est-il normal de consommer une eau potabilisée à grands frais pour des actes qui n’ont plus rien à voir avec le rôle initial de cette eau ? Ce mésusage, Paul Ariès propose de le sur-facturer par paliers afin que les abus des uns ne pèsent plus sur les autres. On peut également en espérer la mise en route de cercles vertueux… Ces quelques lignes sont bien sûr simplistes au regard de l’argumentation que Paul Ariès a développé dans son ouvrage « Le Mésusage » aux éditions Parangon.



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Pour produire une couche de 18 centimètres de terre arable, la nature a besoin de 1400 à 7000 ans, à raison de 0,5 à 2 centimètres par siècle.