Remerciements, autoformation et diabolisation...
Article mis en ligne le 12 juin 2010
dernière modification le 11 juin 2010

par Webmestre
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Petit point de vue personnel d’un membre du collectif.

J’avoue que je ne pensais pas découvrir autant de chose en m’investissant dans cette opposition au circuit de formule 1 à Flins.

Ma motivation n’a pas été NIBY (Not In My Back Yard : pas dans mon jardin), car je me situe à une distance suffisante pour ne pas être très dérangé par ce projet. De l’agriculture biologique, une nappe phréatique menacées par une activité moribonde et polluante, cette dimension symbolique ne pouvaient pas me laisser indifférent.

Je m’étonne de voir autant d’experts et associations surgir dans le domaine exclusivement environnemental [1], le sujet qui nous préoccupe est, me semble-t’il, l’organisation économique et social de l’homme, si elle était cohérente en tenant compte de tous les paramètres nécessaires à sa pérennité alors l’environnement ne serait pas dans l’état où on a réussi à le mettre en si peu de temps [2].

La relation entre ONG, médias et certains politiques est un point très complexe. Le pouvoir, la personnalisation et la présence médiatique [3] étant visiblement des motivations centrales. Il semble que pour certains, il faut plutôt obtenir une adhésion soumise : « tais-toi, signes, cotises, tracts et votes pour moi ».Dès que l’on se pose la question de la réelle implication voire action de la population, la plupart brandissent le spectre de la diabolisation et des « extrêmes ». La démocratisation d’un mouvement ou d’un concept serait donc un extrémisme ?

La difficulté de s’entendre au sein d’un mouvement fédérant autant de diversités idéologiques fut loin d’être chose facile [4]. Comment concilier actions et réflexion, individu et collectif, rigueur et souplesse, recul et implication...

Travaillant dans l’audio-visuel, j’ai essayé d’amener ma contribution en réalisant quelques visuels et panneaux d’exposition, je ne pensais pas rencontrer de telles réactions vis à vis de certains d’entre eux.

Concilier une opposition parfois abrupte et une diplomatie parfois trop consensuelle n’est pas forcément possible, cette difficulté se retrouve dans la rédaction des tracts quand il s’agit de proposer des solutions et non seulement s’opposer à un projet.

Dans la pratique, on peut constater que les principaux contributeurs dans l’édition et la diffusion des tracts ainsi que les animations des réunions ou manifestations font souvent partie de ces fameux « extrêmes ». Alors que d’autres préfèrent distribuer des tracts dans des boites aux lettres évitant ainsi la confrontation avec la population
Dans cette « collaboration » parfois délicate, Je tiens à remercier grandement les personnes avec lesquelles j’étais le plus en désaccord pour plusieurs raisons :

Merci de m’avoir obligé à trouver des choix plus consensuels [5] dans la réalisation collective de tracts et visuels. Merci aussi de m’avoir permis d’améliorer l’usage de logiciels graphiques et de la palette graphique.

Merci également de m’avoir poussé à comprendre et réaliser en formation accéléré comment faire un site internet. Je voulais m’y investir et je dois reconnaître que cette mise en pratique fût incroyablement instructive.

Merci enfin d’avoir mis en évidence la systématique simplification des propos quand il est question de s’adresser à la population, la presse locale propose ainsi peu de sujets de fond avec une ligne éditoriale superficielle, jouant sur le people , le sensationnel, l’affectif... Il ne faut peut-être pas forcément prendre les gens pour des imbéciles, on est content quand on lit un truc compliqué, ça m’arrive et je ne vois pas pourquoi il n’en serait pas de même pour mon voisin.

L’outil internet regorge de possibilités qu’il est de notre devoir de nous approprier, les sites collaboratifs, les forums, les espaces de chat ne doivent pas seulement servir à un simulacre d’existence derrière un pseudo avec des « amis » virtuels mais doivent surtout se mettre au service de la réalité.

Là encore, je sais que certain crieront à « l’extrême » comme quand wikipédia est apparu. En ce qui me concerne, je vais essayer de m’y investir dans ma commune et dans mon environnement professionnel...

Yvan

Notes :

[1à voir l’émergence de certaines structures, c’est à se demander si certaines ne vont pas finir par être côtées au CAC40, Le greenwashing risque de ne plus se trouver là où l’on croit.

[4Petite démotivation 18 février 2009 au sujet d’un tract :

mail : Le tract n’étant pas le tract du Collectif décidé en réunion, peux- tu enlever le logo du Collectif et faire en sorte qu’il soit clair que ce tract a été réalisé à la seule initiative de quelques habitants de Jambville et non par le Collectif. Dans le tract du Collectif, il n’y a pas de référence à Christine Lagarde, etc. .. Je t’en remercie. Je ne désire pas être associée avec ce tract et de toutes les façons si chacun met le nom du Collectif en faisant sa propre rédaction. Le Collectif n’existe plus de fait et il faudra en prendre acte. Pour ma part, je préfère arrêter les frais dans ces conditions.

D’avance merci

Réponse : Je pense que mépriser la communication sous couvert de mépriser la pub est une assez grave erreur quant à la sensibilisation du citoyen « lambda ».

Là encore se poser la simple question pourquoi on tracte : informer, mobiliser, qui, comment ?

Je ne pense pas que sensibiliser et informer ne doit être qu’ennuyeux, laborieux, studieux, long, ça peut aussi être insolent, provocateur, imaginatif, drôle, triste...En tout cas, c’est ce que je crois...
Je ne suis pas si sûr que ce soit un détail si anodin que ça au vu de l’état du monde...

La communication est la base de l’échange entre les hommes, depuis toujours, on interpelle l’autre avec des devantures, des tableaux, de la déco, des habits, de la musique, des mots, des images... C’est même la communication qui a donné naissance aux civilisations et à l’art sous toutes ses formes.

La publicité est en train de voler ce patrimoine et fondement relationnel de l’humanité en dévoyant nos émotions, nos images, nos musiques, etc.., pour transformer nos besoins en envies (voir Edward Barnays, l’inventeur des « relations publiques » au sortir de la première guerre mondiale). Le pire étant ce mépris emmergeant sur elle-même donc sur nous-même.../....Il serait dommage d’avoir un circuit formule 1 juste à cause de querelles de cour d’école... primaire...

[5petit extrait de conversation à propos du colisée17 février 2009 :

  • Bonjour Yvan,
  • Peux-tu enlever la femme objet, STP ?
  • Autrement l’idée des jeux est bonne.

Réponse : La femme objet est Tamara Ecclestone (sa fille), c’est moi qui vais pousser un petit coup de gueule aujourd’hui, enfin, pas trop fort...

Si on réfléchit 2 secondes à l’histoire et pourquoi on en est là, je me dis que tous ces jeux virils ont pour principale motivation de séduire l’égérie et ce depuis l’antiquité.

Avez-vous déjà vu des soirées de biker, de pilotes, le vie de certains politiques ?
Avez-vous observé la plaquette VIP, un sommet de vulgarité dans le genre.
Il serait de bon ton que le militantisme se cultive un peu sur les us et coutumes de ses adversaires !

Voir les films de Scorsese ou autres, je suis désolé, s’il n’y a pas de recul sur ces évidences, alors, on est pas rendu...
Je sais très bien que c’est une femme objet, ta réaction est exactement celle espérée... Je ne peux malheureusement pas l’enlever car c’est l’argument central (pas si passive que ça quand on consulte l’histoire, justement...)... Il y a aussi (et peut-être surtout...) ce sujet dans la F1......
Pourquoi la voiture électrique qui nait en même temps que le moteur à explosion ne prends pas, pas assez viril surement, voir à ce sujet cette archive étonnante de l’ina du ...... 26 avril 1968 !!!!

Voici ma version finale et la photo d’origine de T. Ecclestone, j’ai modifié le drapeau de départ pour en faire une robe et cacher la chute de rein (elle est pas mal quand même ! Humour....).
Yvan

P.S. :

« Il y a un passage très périlleux dans la vie des peuples démocratiques.

Lorsque le goût des jouissances matérielles se développe (...) plus rapidement que les lumières et que les habitudes de la liberté, il vient un moment où les hommes sont emportés comme hors d’eux-mêmes à la vue de ces biens nouveaux qu’ils sont prêts à saisir. »

Alexis de Tocqueville , 1840.

Téléchargements Fichiers à télécharger :
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