Ca y est ! On le craignait... José Bové en avait parlé hier à Hazebrouck... Bruxelles a dit oui à BASF en ce 2 mars 2010...
Article mis en ligne le 3 mars 2010
dernière modification le 7 mars 2010
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" Pour la première fois depuis douze ans, la Commission européenne a donné mardi son feu vert à la culture dans l’Union Européenne d’un produit génétiquement modifié, Amflora, une pomme de terre du groupe allemand BASF. Cette décision provoque la colère des défenseurs de l’environnement et de l’Italie tandis que l’Autriche s’apprête à légiférer pour en interdire la production.

Devant ces critiques, le groupe allemand indique que Amflora « est destinée aux pays qui sont d’ores et déjà prêts à l’utiliser », citant la Suède, les Pays-Bas, la République tchèque et l’Allemagne. « BASF n’a pas prévu, à ce jour, de la proposer aux industriels français et souhaite tenir compte des particularités et des demandes de chaque pays », a ajouté le groupe.

« Chaque Etat est libre d’autoriser ou non la culture de cet OGM », avait également tenu à préciser le commissaire européen chargé de la santé, le Maltais John Dalli, tentant d’atténuer la controverse en Europe où les aliments transgéniques suscitent des craintes pour la santé humaine et l’environnement. Aussitôt prise, l’Italie a immédiatement protesté contre la décision, appelant à un front commun des pays européens. En Autriche, le ministre de la Santé, Alois Stöger, a annoncé préparer une loi pour en interdire la culture.

En France, la secrétaire nationale des Verts, Cécile Duflot, a qualifié cette décision de « très mauvaise nouvelle » et appelé le gouvernement français à « refuser la commercialisation et la culture » de ce produit. Le député européen José Bové a dénoncé l’autorisation et appelé la Commission à « sortir de sa tour d’ivoire ». « Elle doit entendre enfin les citoyens qui ne veulent pas d’OGM », tempête le militant qui s’est illustré par ses actions d’arrachages de maïs OGM.

Dénonçant « un risque inacceptable pour la santé humaine et animale et l’environnement », l’organisation Greenpeace souhaite que la France utilise « la clause de sauvegarde prévue dans la réglementation européenne pour protéger son environnement et la santé de ses citoyens ». En 2008, la France avait fait valoir cette clause pour suspendre la culture du maïs OGM MON 810, le seul jamais cultivé en Europe, comme l’ont également fait cinq autres pays membres dont l’Allemagne.

La pomme de terre OGM en question, l’Amflora, est développée par le groupe allemand de chimie BASF, qui attendait ce feu vert depuis plus de treize ans. Elle n’est pas destinée à l’alimentation humaine, mais à la production d’amidon pour l’industrie du papier en Suède. En outre, ses « sous-produits pourront être utilisés pour l’alimentation animale », a encore précisé le commissaire européen.

Or, font valoir les écologistes, ce tubercule contient un gène marqueur de résistance aux antibiotiques. « Risques médicaux, environnementaux, tout allait contre cette autorisation », juge Greenpeace. « Disséminer des OGM de la pomme de terre BASF dans l’environnement pourrait augmenter la résistance de certaines bactéries à des médicaments, comme des traitements contre la tuberculose », estime-t-elle.

Pour prendre cette décision, Bruxelles s’est retranché derrière les avis favorables de l’Agence européenne de sécurité des aliments et a promis tous les contrôles nécessaires sur sa production. Mais aucune garantie n’a été apportée que cette pomme de terre ne se retrouverait jamais dans la chaîne alimentaire.

Face aux critiques, la Commission a renvoyé les gouvernements européens à leurs responsabilités. « Ils auraient pu décider de dire non à cette autorisation et l’affaire se serait arrêtée là. Mais aucune majorité n’a été trouvée » dans un sens ou un autre « et il est revenu à la Commission de décider ». « Il n’était pas judicieux d’attendre plus longtemps », s’est défendu M. Dalli, invoquant aussi la nécessité pour l’Europe « d’aller de l’avant » vers les « nouvelles technologies ».

De son côté, le groupe allemand a immédiatement salué la décision, envisageant « une mise en culture commerciale cette année », selon un de ses responsables, Peter Eckes. BASF évalue à entre 30 et 40 millions d’euros par an les revenus dégagés par Amflora.

Un seul OGM avait été autorisé à la culture, en 1998 dans l’UE : le maïs MON 810 développé par Monsanto, toujours en attente du renouvellement de cette autorisation. Sept pays — France, Allemagne, Autriche, Grèce, Hongrie, Luxembourg et Pologne— ont interdit la culture de ce maïs en raison des risques de contamination pour les cultures traditionnelles et biologiques."


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