Acharnement atomique
Article mis en ligne le 29 avril 2011
dernière modification le 30 avril 2011

par Webmestre
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Un tour d’horizon ainsi qu’un petit retour en arrière permettent peut-être de comprendre les « motivations » élyséennes quant à l’expansion du nucléaire civile malgré les évènements du Japon...

09.10.2007

Martin Bouygues, l’ami nucléaire de Sarkozy

Il y a peu Nicolas Sarkozy a déclaré à grand fracas vouloir développer le nucléaire dans le monde, en dépit du risque pour la sécurité mondiale, que ce soit le risque de guerre ou celui de l’accident, ...

Dans le Journal Du Dimanche du 8 octobre, nous apprenons que la « bataille du nucléaire est engagée. La restructuration de la filière civile se rapproche en France, avec l’arrivée d’un nouvelle acteur, Bouygues. Le groupe de BTP et de télécoms, qui fait peu de mystère de ses ambitions nucléaires, vient de monter à 30% du capital d’Alstom. Un moyen détourné de lorgner sur Areva, qui pourrait à terme fusionner avec Alstom ».

Martin Bouygues amis personnel de Sarkozy va donc être le grand profiteur de sa politique. La politique à courte vue, celle du profit immédiat du clan Sarkozy contre la sécurité du monde, voilà ce qui nous est proposé.

Les soupçons de collusion du politique avec les grandes entreprises, les médias, et la finance, chers au thème de campagne de Bayrou se confirment après l’élection de Sarkozy.

ENERGIE – BUSINESS

Bouygues vise Areva

La bataille du nucléaire est engagée. La restructuration de la filière civile se rapproche en France, avec l’arrivée d’un nouvelle acteur, Bouygues. Le groupe de BTP et de télécoms, qui fait peu de mystère de ses ambitions nucléaires, vient de monter à 30% du capital d’Alstom. Un moyen détourné de lorgner sur Areva, qui pourrait à terme fusionner avec Alstom.

Areva est au centre d’une future restructuration du nucléaire civil. (Maxppp)Près d’un milliard d’euros de plus sur la table et, à la clé, une participation dans Alstom qui passe de 25,35 % à 30 % au profit de Bouygues. La montée au capital du groupe de transport et d’énergie de Patrick Kron par le groupe de BTP et de télécoms dirigé par Martin Bouygues se précise. Elle est totalement amicale. Depuis que Bouygues a racheté la part de l’Etat (21,03 %) dans Alstom, en avril 2006, les PDG des deux entreprises ont forgé une belle amitié et une société commune active sur le marché des centrales électriques. Ils travaillent ainsi côte à côte sur le chantier du réacteur EPR de Flamanville (Manche).

Mais le dernier achat de titres par Bouygues n’a pas pour objectif de renforcer les synergies opérationnelles. Martin Bouygues, qui a en ligne de mire Areva, veut d’abord renforcer sa position au sein d’Alstom (sans franchir le seuil de 33 % qui l’obligerait à faire une OPA) pour mieux se positionner à terme dans le groupe nucléaire piloté par Anne Lauvergeon. Son souhait, clair, passe par une fusion entre Alstom et Areva. Or l’échéance approche.

Trois scénarios envisagés

Depuis le début du mois de septembre, les équipes de marieurs et de stratèges de la banque HSBC et du cabinet de conseil McKinsey planchent sur l’avenir de la filière nucléaire française, largement structurée autour d’Areva et du Commissariat à l’énergie atomique (CEA), son actionnaire à hauteur de 79 %. Trois scénarios sont en balance : le maintien du statu quo ; l’ouverture du capital du groupe nucléaire à un lot d’investisseurs tels qu’EDF, Siemens, Total et Bouygues ; et la fusion entre Alstom et Areva qui permettrait à Bouygues, en tant qu’actionnaire de référence du constructeur du TGV, de jouer pleinement son rôle d’énergéticien, nouvel axe stratégique de l’entreprise.

Pour l’heure rien n’est tranché. Selon certaines sources, l’Elysée serait favorable à cette dernière option. Selon d’autres, les experts qui réfléchissent à une remise à plat du meccano nucléaire y sont opposés, tout comme... Anne Lauvergeon.

Le Journal du Dimanche du 08-10-07

Voilà une stratégie probable de Nicolas Sarkozy pour l’après Elysée

Christophe Ginisty | Lundi 23 Février 2009

Je me suis longtemps demandé ce qu’allait faire Nicolas Sarkozy lorsqu’il ne sera plus Président de la République. Sachant le personnage particulièrement calculateur, j’avais acquis depuis pas mal de temps la certitude qu’il était déjà en train de préparer l’après Elysée. Alors j’ai tenté de déceler quelques signaux faibles me permettant de découvrir son projet. Et j’ai trouvé. Du moins, je le pense et je vous invite à suivre mon raisonnement.

1/ Nicolas Sarkozy va rebondir dans les affaires

Il ne fait un secret pour personne que Nicolas Sarkozy est fasciné par l’argent, le business, les affaires. Il rêve de faire fortune comme les amis qu’il côtoie depuis toujours à Neuilly. C’est Laurent Mauduit qui le rappelle dans son livre Sous le Tapie, lorsque Sarkozy décore Stéphane Richard (actuel Directeur de cabinet de Christine Lagarde) de la Légion d’Honneur, il a cette phrase qui en dit long sur ses intentions : « tu es riche, tu as une belle maison [...]. Tu as fais fortune. Peut-être plus tard y parviendrais-je moi-même. »

2/ Nicolas Sarkozy prépare ses réseaux d’affaires

Il y a des présidents de la République qui plaçaient leurs proches à la tête des administrations ou des organisations parapubliques les plus stratégiques dans le but d’assurer leur réélection, Nicolas Sarkozy, lui, les place à la tête des entreprises et notamment des entreprises financières comme le montre son projet actuel de placer à la tête de la deuxième grande banque française, résultat de la fusion des Caisses d’Epargne et des Banques Populaires, François Pérol, le secrétaire adjoint de l’Elysée.

Si l’on s’arrête à ces deux éléments, on comprend que Nicolas Sarkozy prépare sa reconversion à la tête d’une très grande organisation. Mais laquelle ? Personnellement, je pense qu’il travaille à sa reconversion à la tête d’un futur géant français du nucléaire civil.


3/ Nicolas Sarkozy est un intime de Martin Bouygues

Quand on pense aux relations que le Président de la République entretient avec le Président du Groupe Bouygues, on pense immédiatement à TF1 et à la collusion entre le pouvoir politique et le pouvoir médiatique. En réalité, je pense que l’on se trompe ou du moins qu’il s’agit d’une vue à trop court terme. Il ne fait aucun mystère sur le fait que Bouygues tente de se positionner dans le nucléaire civil. En 2006, le groupe Bouygues s’est rapproché du secteur du nucléaire via le rachat de la participation de l’Etat (21 %) dans Alstom pour un montant de 2 milliards d’euros. Alstom avait alors affiché son ambition de se positionner sur des chantiers de réacteurs nucléaires de troisième génération (EPR) construits par Framatome, filiale d’Areva et Siemens. En 2007, le groupe Bouygues est monté à 30% dans le capital d’Alstom comme le soulignait le JDD à l’époque en déclarant : « La bataille du nucléaire est engagée. La restructuration de la filière civile se rapproche en France, avec l’arrivée d’un nouvelle acteur, Bouygues. Le groupe de BTP et de télécoms, qui fait peu de mystère de ses ambitions nucléaires, vient de monter à 30% du capital d’Alstom. Un moyen détourné de lorgner sur Areva, qui pourrait à terme fusionner avec Alstom. »

4/ Nicolas Sarkozy a provoqué l’éclatement de l’alliance Areva-Siemens

C’est un événement qui est presque passé inaperçu et pourtant il est de taille : Siemens a décidé de rompre son alliance avec Areva le 21 janvier dernier, alliance qui portait sur la production des fameux EPR. Quel rapport avec le Président de la République, me direz-vous ? Eh bien tout simplement parce qu’il a refusé de répondre positivement aux demandes de Siemens et à celles d’Anne Lauvergeon qui voulaient permettre à l’allemand d’être plus présent au sein d’Areva (l’alliance conclue entre Areva et Siemens en 2001 précisait que les deux entreprises pouvaient y mettre un terme à partir en janvier 2009. Il était temps de renégocier un accord). Nicolas Sarkozy a refusé de permettre à Siemens de monter au capital d’Areva, sauf si les allemands décidaient d’abandonner leur moratoire sur le nucléaire, condition évidemment impossible à satisfaire.

5/ L’éclatement de l’alliance avec Siemens est la porte d’entrée pour Bouygues

Areva qui ne peut plus compter sur son partenaire Siemens va se retrouver à cours d’argent et accessoirement à cours de fabricant de réacteurs. Et c’est là qu’intervient Bouygues. Comme l’a écrit récemment Patrick Bonnazza dans Le Point : « En 2007, avec un nouveau locataire à l’Elysée, la donne a changé, une autre solution est apparue : la fusion avec Alstom, fabricant de trains (le TGV) et de centrales électriques classiques (charbon, gaz, fioul, barrages...). Un Meccano farouchement combattu par Lauvergeon, qui a toujours voulu ménager les intérêts de son allié... Siemens, concurrent direct d’Alstom dans l’énergie [...] L’opposition entre Lauvergeon et Patrick Kron, le PDG d’Alstom, est devenue telle qu’on s’en régale dans les dîners en ville. D’autant qu’elle se pimente des liens avec un ami intime du président de la République, Martin Bouygues, dont le groupe possède 30 % d’Alstom. »

6/ Le Président de la République est le premier « VRP » du nucléaire civil dans le monde.

Pas un seul déplacement à l’étranger qui ne soit l’occasion de placer les compétences de la France dans le nucléaire civil. Quel que soit le régime, le Président de la République n’oublie jamais cette partie du savoir faire français, fut-ce le seul contrat commercial signé, comme récemment au Qatar.
Pour résumer, voilà ce que je pense. Nicolas Sarkozy est en train de tirer les ficelles pour la création d’un géant mondial du nucléaire civil contrôlé par son « frère » Martin Bouygues et dont il prendra la tête, le moment venu, pour arriver à cette fin ultime : faire fortune.

P.S. :

http://www.la-france-de-demain.fr/index.php/2007/07/31/89-le-nucleaire-en-voie-de-privatisation

http://www.usinenouvelle.com/article/siemens-refuse-de-ceder-areva-np.N19657

http://www.lexpress.fr/informations/la-bataille-de-france_723979.html

http://index.jdf.com/alstom-areva-bouygues-groupe-capital.html


flèche Sur le web : http://www.ginisty.com/Voila-une-st...



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Pour produire une couche de 18 centimètres de terre arable, la nature a besoin de 1400 à 7000 ans, à raison de 0,5 à 2 centimètres par siècle.