L’adieu au protocole de Copenhague
Article mis en ligne le 11 octobre 2009
dernière modification le 4 octobre 2014

par Webmestre
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Il est toujours difficile de tirer un bilan complet sur des négociations intermédiaires où les principales avancées, obtenues dans des réunions bilatérales discrètes, pourront rester cachées jusqu’au dernier acte. Mais les 2 500 délégués et observateurs réunis à Bangkok sont en tout cas d’accord sur un point : il n’est plus possible de trouver à Copenhague, dans moins de 60 jours, un accord aussi contraignant que celui de Kyoto.

Les Américains sont en effet très clairs. Tant qu’ils n’auront pas réussi à faire voter par le Sénat américain leur grande loi sur la réduction des gaz à effet de serre, il n’est pas question pour eux de s’engager dans un dispositif juridique contraignant. Cela nt pourrait constituer qu’un contretemps, et on parle déjà d’un possible deuxième sommet à Copenhague en juillet, ou de l’adoption du nouveau protocole à Mexico lors de la prochaine conférence des parties en décembre 2010... Mais la situation s’annonce bien plus complexe quand on sait que le Sénat américain doit voter cette loi aux 2/3, ce qui nécessitera le vote positif de sénateurs de la minorité républicaine américaine. Ces mêmes Républicains qui avaient refusé de ratifier le protocole de Kyoto !

Les espoirs qu’avaient fait naître à Poznan l’élection de Barack Obama semblent un lointain souvenir. L’Amérique était de retour…, elle est déjà retournée à ses affaires intérieures. Aucun engagement sur les finances, prudence sur les propositions pour les niveaux d’émissions, aucune acceptation des accords contraignants multilatéraux… On imagine la lassitude des délégués après 10 jours (bien longs) à essayer d’avancer sur un texte d’accord commun.

Il faut tout le pragmatisme des diplomates, habitués aux dénouements de dernière minute pour garder une part d’optimisme… On évoque encore des accords spécifiques sur des points précis avec effet immédiat de mise en œuvre, notamment sur des dispositifs intéressants les pays en développement (déforestation, registre des actions de réductions des émissions (Namas), premiers dispositifs financiers pour l’adaptation…). Le bilan opérationnel de Copenhague s’annonce en tout cas très faible, même si les inconnues restent nombreuses sur la déclaration politique finale. Sur ce point, le travail autour du texte de Michael Zamit Cutajar, le président de l’AWG-LCA se poursuit, avec la volonté de mettre au clair les principales divergences, pour permettre enfin le début de la vraie négociation politique.

Il faut vraiment faire preuve d’un très grand optimisme pour se dire que c’était bien la première mission fixée aux délégués de cette conférence intermédiaire de Bangkok.

Planète Terra


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