Les opposants à l’A104 soutenus par les deux députés UMP : Pierre Cardo et David Douillet
Article mis en ligne le 8 décembre 2009
dernière modification le 4 octobre 2014

par Webmestre
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Lionel Wastl
Cet article est repris du site http://www.nouvelles-des-deux-rives...

2009 fut une année creuse sur le dossier A104. Le public fut plus clairsemé que de coutume. Le puissant collectif anti A104 réitère son opposition au projet, compte ses défections (Conflans et Andrésy) et ses gains (Carrières, Poissy) parmi lesquels les deux députés UMP concernés par le tracé vert retenu.

Entre les discours des élus et les dérapages verbaux (chaleureusement applaudis par la foule) du fondateur du COPRA, Victor Blot, on ne peut pas dire que la direction du COPRA maîtrisait réellement les débats à son AG…

Beaucoup de Carriérois, quelques Conflanais et Andrésiens dans le public. L’ AG 2009 du COPRA a confirmé la césure entre le Val d’Oise et les Yvelines : aucun maire présent du 95, tous convaincus dorénavant des bienfaits de la A104. Seuls quelques villages yvelinois résistent encore… Ils étaient bien présents ce soir-là.

Eddie Aït : « ce projet n’est ni fait, ni à faire ! »
Le COPRA a toujours refusé de politiser ses actions contre l’autoroute A104 et le tracé vert. Et pourtant, ce soir-là, il y avait une bien belle brochette d’élus présents qui auront largement monopolisé les discours. Au premier rang, les trois maires opposés à la A104 : Gérald Rutault (Maurecourt), Eddie Aït (Carrières) et Frédérik Bernard (Poissy), ainsi que le député UMP, Pierre Cardo.

Le fondateur du COPRA, Victor Blot, distribue les bons et les mauvais points :
« J’ai passé l’âge de plaire et de me taire ! » : le tribun du COPRA a encore frappé… quitte à déraper et à affirmer quelques contrevérités.

Victor Blot s’est amusé à juger (et dégommer) les maires de toutes les communes concernées par le tracé vert.

Le maire de Pierrelaye : « il est isolé ».

Le maire d’Herblay : « il s’en fout car il habite de l’autre côté de la ville »…

Le maire d’Eragny : « elle a fait une votation puis plus rien… »

Le maire d’Andrésy : « il a fait des propositions, il s’est battu, il a été toujours présent ». Surprise du public qui venait de lire le tract du COPRA condamnant les actions du maire d’Andrésy...

Blot sort l’artillerie lourde avec le maire de Conflans : « Esnol n’a jamais mouillé sa chemise ; il est versatile ; c’est un homme caractériel ». L’un des administrateurs du COPRA intervient : « non Victor, tu ne peux pas dire ça... »

Rappelons que Victor Blot est un ancien adjoint de Philippe Esnol… Rappelons aussi que Victor Blot n’a plus aucune fonction dans l’exécutif du COPRA. Si son intervention musclée a été applaudie, elle a déplu à bon nombre d’administrateurs du collectif…

Honneur à l’hôte de cette assemblée générale : Eddie Aït, maire de Carrières-sous-Poissy. Le jeune élu a rappelé son opposition au tracé vert retenu, qui traverse la ville de Carrières et crée un pont au-dessus de zones naturelles : « la A104 n’est ni fait, ni à faire ! » a t-il lancé au public, conquis. Eddie Aït a aussi regretté, à mots couverts, que le maire de Conflans soit « tombé dans le piège tendu par le préfet qui a contacté, un par un, les maires réticents pour tenter de les faire changer d’avis. » Le maire et conseiller régional PRG a rappelé que la région « ne mettra pas un sou dans ce projet autoroutier ».

Le Président du COPRA : « un projet vieux d’un demi siècle est un mauvais projet »
Le président du COPRA, Jean-Pierre Dejoux, a rappelé qu’un « projet vieux d’un demi siècle, est un mauvais projet ». Il a beaucoup moqué le « comité de suivi » installé par le préfet, à la suite de la décision ministérielle du tracé vert. J.P. Dejoux a d’abord remis en cause sa composition : « des élus ou acteurs qui n’avaient pas participé au débat public, d’autres qui ne sont pas concernés par le tracé vert, enfin des Présidents de la chambre de commerce des Yvelines et du Val d’Oise… ». Le président du COPRA a rappelé le soutien du nouveau député UMP David Douillet qui a écrit au collectif en insistant sur sa « totale opposition à ce tracé vert qui est un choix absurde ».

Pierre Cardo et David Douillet : deux députés UMP contre le tracé vert !
Interpellé par le public à s’expliquer, Pierre Cardo, remarquable tacticien, a mis peu de temps à mettre la salle de son côté. D’abord peu à l’aise, puis gaffant sur le réchauffement climatique (« je ne suis pas convaincu… »), Pierre Cardo a surpris les connaisseurs du dossier A104 en affirmant deux choses avec grande clarté : primo, la Communauté d’Agglomération des Deux Rives de la Seine (CA2RS, dont il est le président) s’oppose au tracé vert. Secundo : la communauté « s’oppose à toute autoroute en zone urbanisée » - ce qui est, ni plus ni moins, la position officielle du COPRA ! Encore mieux : Pierre Cardo a annoncé qu’il préférait le tracé bleu, en forêt de Saint-Germain.

Rififi au sein de la majorité conflanaise :
Vivement attaquée par le public pour avoir tourné casaque, la municipalité de Conflans était représentée par son adjoint vert, Franck Barraud. Extrêmement courageux, ce dernier s’est expliqué et a clairement dit « qu’il ne partageait absolument pas la position du maire, Philippe Esnol ». Franck Barraud a tenu aussi a rappelé que « beaucoup de Conflanais n’étaient pas d’accord avec le maire et soutenaient le COPRA ».
La Communauté d’agglo n’a jamais condamné officiellement le tracé vert retenu
Force néanmoins est de constater qu’à l’heure actuelle, jamais la CA2RS n’a exprimé, officiellement et par écrit, son opposition au tracé vert. La CA2RS avait simplement une préférence pour le tracé blanc. Le tracé bleu a depuis longtemps été abandonné par la CA2RS.

Par ailleurs, dans la même semaine, son vice-président et maire d’Andrésy, Hugues Ribault, répétait à ses réunions de quartier qu’il « fallait accepter le tracé vert », même s’il regrettait le tracé blanc. Une légère cacophonie s’est donc emparée des élus de la CA2RS favorables à l’autoroute.

A la suite d’un cours magistral sur le réchauffement climatique quelque peu soporifique (et surtout mal calibré sur la problématique locale de la A104), le fondateur du COPRA, Victor Blot, qui bouillait depuis longtemps sur sa chaise, a réveillé le public en réglant ses comptes avec quelques élus du territoire (voir texte joint).

En guise de conclusion, le président du COPRA a rappelé que le collectif « ne lâchera jamais et rejette ce projet autoroutier en plein tissu urbain et non financé ». Finalement, le public sortit de la salle tout ragaillardi et fort du soutien de deux députés UMP de poids : David Douillet et Pierre Cardo.


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