L’unique centrale nucléaire de Lituanie a vécu
Article mis en ligne le 2 janvier 2010
dernière modification le 4 octobre 2014

par Webmestre
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31/12/2009 22:37

L’unique centrale nucléaire de Lituanie s’est arrêté comme prévu jeudi soir peu avant minuit, accroissant la dépendance énergétique de cette ex-république soviétique vis-à-vis de la Russie.

A 23H00 locales (21H00 GMT), le deuxième réacteur du site d’Ignalina (est) qui fournissait 70% de l’électricité consommée par ce petit pays balte de 3,3 millions d’habitants a été arrêté, après 26 ans de bons et loyaux services.

Bruxelles avait exigé comme condition à l’adhésion de la Lituanie à l’Union européenne en mai 2004 la fermeture de cette centrale du même type que celle de Tchernobyl qui a explosé en 1986.

Le premier réacteur avait cessé de fonctionner le 31 décembre 2004.

La fermeture de la centrale nucléaire aura un coût élevé pour les ménages lituaniens qui verront les tarifs augmenter d ?un tiers.

Un choc considérable, alors que le pays est plongé dans une grave crise économique. Le gouvernement lituanien estime à 15,2% la baisse du produit intérieur brut (PIB) en 2009 et les économistes ne prévoient pas de croissance pour 2010.

La Lituanie va à présent devoir se réconcilier avec de vieilles centrales électriques fonctionnant au mazout, ou bien au gaz provenant de Russie, avec laquelle elle entretient des relations mouvementées.

« Le système énergétique lituanien était et est dépendant de la Russie, puisque les ressources énergétiques et nos approvisionnements en gaz et en électricité sont liés à ce pays », avait déclaré dimanche la présidente Dalia Grybauskaite dans une interview à l ?agence de presse balte BNS.

La Russie est souvent accusée d’utiliser l’énergie comme moyen de pression. En juillet 2006, elle a interrompu ses livraisons de pétrole à la Lituanie en expliquant cet arrêt par des réparations sur l’oléoduc Droujba.

Mais la Lituanie a soupçonné le Kremlin d’avoir agi en représailles à la cession de la raffinerie de Mazeikiu, la seule des pays baltes, au groupe pétrolier polonais PKN Orlen. Moscou souhaitait qu’elle revienne à une société russe.

Héritage de la période soviétique, la Lituanie n ?est toujours pas reliée aux réseaux électriques ouest-européen. L ?Estonie et l ?Ukraine se sont engagées à lui fournir de l ?électricité à partir du 1er janvier. L’électricité ukrainienne emprunte les lignes russes.

« Je peux vous assurer qu ?après la fermeture, la Lituanie ne va pas manquer d ?électricité », a déclaré le Premier ministre lituanien, Andrius Kubilius, dans une interview à la radio publique lituanienne.

Le pays prévoit de se raccorder aux réseaux polonais et suédois ce qui lui permettrait aussi d’importer de l’électricité d’autres membres de l’Union.

La Lituanie, qui croit toujours au nucléaire, a lancé au début décembre un appel d ?offres pour la construction d’une nouvelle centrale avec ses voisins baltes et la Pologne.

Le démantèlement total de la centrale fermée durera 25 ans, soit autant que sa vie active, et coûtera environ un milliard d ?euros, selon son directeur, Viktor Sevaldine.

Un millier de salariés vont être licenciés et, malgré d ?importantes compensations financières, cela reste un drame pour nombre de ces personnes dont l ?immense majorité travaillaient sur le site depuis son lancement le 31 décembre 1983.

« Je suis en pleine dépression en ce moment. Comprenez, les uns sont licenciés, les autres restent. Malgré les importantes indemnités qui seront versées pendant un an, comment retrouver du travail à 50 ans quand vous êtes ingénieur ou spécialiste du nucléaire ? C ?est impossible », explique à l ?AFP Nassima Galikova, qui a conservé, elle, son poste d ?ingénieur.


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